Au quartier Minière, dans la commune de Dixinn, habite depuis peu un citoyen pas lambda. Pour leur sécurité (et celle du nouveau venu), les voisins sont priés d’aller habiter ailleurs, illico presto.
Depuis que le CNRD a tapé aux portes du pourboire, des Guinéens prennent incessamment la porte. Telle semble être la loi de la Refondation annoncée par les tombeurs d’Alpha Grimpeur. Celui-ci avait certes déguerpi les occupants de Kaporo-rails, recasés à Wonkifong (Coyah) grâce à la magnanimité du général Mamadi Doum-bouillant. Un geste historique qui ne laisse aucun sans-abri indifférent.
Sauf que le CNRD aussi étoffe son lot d’expulsés, lentement mais sûrement. Il y a eu d’abord les opposants politiques : la Petite Cellule Dalein Diallo de l’UFDG et le Sid Touré de l’UFR. Les deux, accusés d’avoir mal acquis leurs taudis situés respectivement à Dixinn-port et à la Minière, ont fini par élire domicile à l’étranger.
Puis, le général Doum-bouillant, lassé d’être en location au Palais Mohammed V, a voulu devenir proprio. Quoi de plus normal pour le chef suprême ? Un démarcheur, qui a le sens du goût, lui a-t-il suggéré d’aménager à un jet de pierre de ce qui était la maison du Sid Touré ? On ignore comment, mais le Prési de la transition a bien acquis, lui, son terrain et y construit une forteresse à faire pâlir de jalousie ses innombrables jaloux.
Mais ce n’est pas tout. A l’allure où vont les choses, le leader de l’Union des forces républicaines risque de ne pas être le seul expulsé du paisible quartier de la Minière. C’est en prélat sans-abri que Mgr Vincent Coulibaly a célébré la Nativité le 24 décembre.
Dans un communiqué signé ce jour par l’Archevêque coadjuteur de Cona-cris, François Sylla s’est adressé à ses diocésains, ses « frères et sœurs de bonne volonté » en ces termes : « Je viens vous annoncer qu’à la veille de cette Fête de Noël 2025, notre Archevêque Mgr Vincent Coulibaly, pour des mesures de sécurité, a quitté sa résidence de Stella Maris sis à la Minière pour une autre résidence affectée par le ministère de l’Habitat et de l’urbanisme. » Depuis quand une résidence provisoirement permanente est plus sûre que celle permanemment provisoire ?
Jusque-là, le quartier résidentiel de la Minière était réputé un havre de paix. Le religieux ne devrait pas s’y sentir en insécurité. Mais les voies du Seigneur étant insondable, tout est possible. Toujours est-il que l’Église dit remercier les autorités étatiques pour « les dispositions qu’ils sont en train de prendre pour que les droits de l’Archevêque à une résidence digne de ce nom soient respectés. » Amen !
DL


