En ce début de l’année 2026, les Guinéens (Grosses huiles et populos confondus) sont dans une expectative politique, économique et sociale qui emballe tout le monde et ce pour diverses raisons. Depuis quatre ans, la Grande Muette a donné congé à Alpha Grimpeur et ses ouailles et ouvert une transition politique dont l’ultime objectif a été la refondation tous azimuts de l’Etat (politique, économique, sociale et culturelle). Ce long processus clos, la nation entière scrute l’horizon en attendant, non pas Godot comme l’Irlandais Samuel Beckett dans sa célèbre pièce de théâtre éponyme, mais les heureux acquis de la refondation.

Il y a avant tout l’émergence et l’affermissement d’une gouvernance vertueuse reflétée par une administration centrale et territoriale responsable, consciente de sa fonction de levier basique du développement humain durable du pays et donc du bien-être des populations. Cette prise de conscience doit dissuader les hauts et bas fonctionnaires, les cadres (en bois) de l’État et leur sous-fifre, notamment ceux à la sagesse desquels nous nous en remettons pour la gestion parcimonieuse de notre bas de laine commun. Elle leur aura inculqué la vertu d’abhorrer la corruption, l’inaptocratie, toutes les tares qui engraissent la gouvernance vicieuse et de venter à contrario la méritocratie. S’agissant des questions économiques qui conditionnent le pouvoir d’achat et la qualité de vie du populo, les attentes sont très fortes au point que le Mégaprojet Simandou est perçu comme la panacée. Il pourvoira le pays en emplois décents et suffisants, particulièrement au profit des jeunes qui ploient sous le poids du chômage, il favorisera la création de l’auto-emploi pour les jeunes talents (start-up) dans de nombreux domaines tels que l’informatique, le numérique, l’IA.

Le corridor économique ouvert par les rails, de la Guinée-Forestière à l’Océan Atlantique, en traversant la Haute-Guinée, la Moyenne-Guinée et la Basse-Guinée, permettra au populo de toutes les régions du bled de tirer de leurs activités économiques des revenus décents contribuant significativement à l’atteinte de leur nirvana.

Par ailleurs, les importantes recettes fiscales et autres royalties que l’Etat engrangera à partir des activités des sociétés partie prenante au Projet, lui permettront d’améliorer la qualité de ses prestations aux populations (système éducatif, système sanitaire, réseau d’assainissement, réseau d’adduction d’eau et forages, électrification urbaine et rurale, infrastructures de communication). Ces recettes permettront également à l’Etat d’améliorer les revenus salariaux de ses fonctionnaires et de faire face à ses autres obligations régaliennes, avec l’efficacité requise. Vous souvenez-vous des douze travaux d’Hercule ?

L’effort est certes immense, mais non rédhibitoire. Les Guinéens, dans une dynamique de challenge gagnant, sont en capacité de remporter cette victoire s’ils en balisent le parcours, en bâtissant en amont du Programme Simandou 2040, une gouvernance vertueuse, tout de béton, infaillible. Ils en ont les ressources intellectuelles, la force de travail et les ressources naturelles à gogo. En l’absence d’une telle mesure présidentielle, les résultats attendus peuvent ne pas être tous au rendez-vous. Et ce serait bien dommage. Il faut éviter que la montagne n’accouche d’une souris.

Abraham Kayoko Doré