Le 18 janvier, au Stade prince Moulay Abdellah de Rabat, l’épilogue de la 35ème édition de la CAN a été marqué par un combat de fauves. En effet, en la circonstance, Lions de l’Atlas (équipe nationale du Maroc) et Lions de la Téranga (équipe nationale du Sénégal) se sont affrontés pour le titre de meilleure équipe du continent.
Pour en arriver là, les fauves ont dû ôter de leur chemin moult écueils. Ils ont mis en déroute, qui les Pharaons d’Égypte, les Aigles du Mali, qui les Aigles du Nigeria, les Lions Indomptables du Cameroun. Face à ces adversaires coriaces et redoutables, les Lions ont poussé des rugissements effroyables à même de décontenancer l’ennemi le plus intrépide. Ils ne sont donc pas là par hasard, ni par opportunisme. Ils sont venus se toiser, se jauger, afin que de leur confrontation émerge l’élu de Dame Coupe d’Afrique des Nations. L’enjeu est de taille continentale.
Si les prétendants sont nombreux, il n’y a qu’un seul élu. Les ruades sont impitoyables, les mêlées époustouflantes. Les fauves grisés par la proximité de la victoire tant désirée et les hourras des supporteurs, se lacèrent la face, le poitrail et les flancs de coups de crocs et de griffes acérées. Même le Jamaïcain, Usain Bolt, pâlirait de jalousie à admirer leurs fulgurantes échappées d’un bout à l’autre du stade. Le spectacle est beau, magnifique. Des cris d’approbation ou de désapprobation ponctuent les prouesses ou les maladresses des fauves sur le terrain. La foule joyeuse, gaie mais tout aussi anxieuse. Le match est si envoutant que le temps s’égrène sans que personne n’en tienne compte.
Soudain, la fin du match s’anime. L’arbitre refuse aux fauves de la Téranga un but, et 2 minutes après, il siffle contre eux un penalty provoquant leur ire. On est à moins de 5 minutes de la fin du duel. Alors, les Lions rugissent qui de joie, qui de colère. Le coach de la Téranga soi-même intime à ses fauves de rejoindre la brousse. Heureusement que le meilleur de ces fauves, plus lucide et moins émotif, reste sur le terrain et prend langue avec un certain sorcier blanc, bien connu des sportifs africains. Cela sauve la finale des fauves, voire l’image de la CAN 2025. Le match reprend, le penalty est tiré et raté. Les Lions de la Téranga marquent un beau but lors des prolongations et remportent pour la deuxième fois la Coupe d’Afrique des Nations. Oncle Gaïndé, waouh !
Abraham Kayoko Doré



