Au lendemain d’une présidentielle qui a consacré la victoire de Mamadi Doumbouya, Cellou Dalein Diallo s’est exprimé le 12 janvier, sur Radio France internationale (RFI). Le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), en exil depuis 2022, revient sur les motifs de son absence prolongée de la Guinée.
Le président de l’UFDG s’est prononcé sur la situation politique en Guinée. Depuis la Côte d’Ivoire où il vit ces derniers temps, Cellou Dalein Diallo a justifié la prorogation de son exil. Il estime qu’il risque de mourir ou de disparaître, « avec le sort qui a été réservé à Sadiba Koulibaly, Célestin Bilivogui, avec tous ces morts suspectes en prison, les disparitions de Fonikè Mangè, Mamadou Billo Bah, Marouane Camara : des gens qui étaient visiblement moins dangereux. Moi, dès le départ, j’ai dénoncé les dérives de la junte et surtout sa volonté de confisquer le pouvoir au mépris des engagements qu’elle avait pris à cet égard. Je me suis rendu compte qu’il y a du risque, ma famille et moi, mes amis ont estimé que ce n’est pas le moment de rentrer, compte tenu du danger que je représentais par rapport à leurs velléités de conserver le pouvoir par la force. »
Pour justifier sa posture, le leader de l’UFDG déclare que Sadiba Koulibaly « aurait été tué sous la torture. » Cellou Dalein Diallo soutient que l’officier de l’armée était partisan d’une organisation rapide des élections et le retour de l’armée dans les casernes. « Moi, j’ai une voix qui porte et j’étais considéré comme un ennemi à abattre, à exclure du processus électoral, c’est dans ce cadre qu’on a cherché à me poursuivre et à me faire éliminer par la justice. Ils ont pensé que c’était plus simple, parce qu’ils n’ont pas trouvé de dossiers pertinents pour m’éliminer par la justice, ils m’ont sorti du fichier électoral. »
« Une prolongation de la période d’exception »
Par ailleurs, l’exilé s’est prononcé sur la victoire de Mamadi Doumbouya. Il réitère que le Président de la transition « sait qu’il n’a pas obtenu l’onction de la population. Son régime ne tient plus à rien et il peut s’effondrer à tout moment. Chaque jour, par ses actes, le pouvoir de transition s’isole, se disqualifie. Il multiplie les violations des droits de l’homme, la confiscation des libertés publiques, cela n’est pas le retour à l’ordre constitutionnel. Le peuple n’a pas voté…» Le président de l’UFDG estime que l’heure est à la résistance : « Son régime ne tient pas à grand-chose, n’a pas de légitimité, il instaure le climat de terreur. C’est une nouvelle transition, ce n’est pas un retour à l’ordre constitutionnel, en réalité c’est une prolongation de la période d’exception », déclare l’opposant en exil.
Souleymane Bah



