Le 13 janvier, Mohamed Lamine Camara, président de l’Union générale des travailleurs de Guinée (UGT), a présenté ses revendications syndicales et ses projets de réforme pour améliorer les conditions des travailleurs guinéens, lors d’une conférence de presse. La maison de la presse à La Minière a servi de cadre à la conférence.

À l’entame, Mohamed Lamine Camara a insisté sur la nécessité de restaurer et de renforcer les droits des travailleurs, soulignant que ces derniers étaient « mal protégés ». Selon lui, « les droits élémentaires, déjà acquis depuis des décennies, ont été dénudés de leur essence ; certains ont même été confisqués ». Une situation qu’il juge « inacceptable » et qu’il entend rectifier.

Le président de l’UGT a également  précisé que l’objectif de l’organisation syndicale n’était pas seulement de restaurer les droits perdus, mais aussi de créer de nouveaux droits pour améliorer les conditions de travail en Guinée. «Nous nous sommes dit que cet état de fait n’est pas acceptable. Nous avons donc décidé de redonner tous les droits déjà acquis, de décrocher les droits confisqués et de créer de nouveaux droits pour les travailleurs guinéens, afin que chacun se sente à l’aise dans son lieu de travail.»

S’agissant par exemple de  la couverture médicale, l’UGT propose la mise en place d’une «troisième caisse» dédiée à la couverture de la santé pour l’ensemble de la population guinéenne. Précisant qu’une étude de faisabilité du projet est en cours et «qu’une fois prête, l’étude sera soumise au gouvernement pour une mise en œuvre.»

Collaboration plutôt que la confrontation

Quant à la relation avec les autres structures syndicales, Mohamed Lamine Camara a exprimé une approche de solidarité plutôt que de confrontation. «Nous n’avons de problème avec personne. Nous sommes factuels. C’est simplement que nous nous intéressons à ce qui est essentiel pour les travailleurs. Quand vous êtes avec quelqu’un et que tout autour de vous est obscur, c’est que vous êtes la seule lumière. Si les autres ne peuvent pas suivre, vous tracez votre propre chemin.»

Parlant  des grèves, il a souligné qu’elles sont le résultat d’une absence de dialogue et de résolution des problèmes. «Quand une grève se déclenche, c’est qu’il y a un problème non résolu entre les parties. Le déséquilibre s’installe, parce que les solutions n’ont pas été trouvées. L’UGT cherche donc à instaurer un équilibre, en ne se contentant pas de dénoncer les problèmes mais en proposant des solutions concrètes. »

Le syndicaliste a enfin lancé un appel à toutes les autres structures syndicales pour soutenir les initiatives de l’UGT, en particulier celles liées à la couverture médicale. «Nous sommes sur la meilleure voie. Nous demandons aux autres syndicats de nous soutenir, car ils sont Guinéens comme nous. La question de la santé concerne tous les Guinéens», a-t-il insisté. Il précise que l’UGT ne divise pas mais unit plutôt les forces, pour des réformes bénéfiques à tous les travailleurs guinéens.

Mariama Dalanda Bah