Le 21 janvier, en session plénière extraordinaire, la Haute autorité de la communication a ordonné l’interdiction en Guinée du site d’information www.KoumaMedia.com, nouvellement créé. L’instance de régulation des médias guinéens reproche au média de diffuser de « fausses informations, susceptibles de troubler l’ordre publier et de saper l’unité nationale de Guinée. »
La mesure s’appuie sur la loi organique de juillet 2020 relative à la HAC ainsi que la loi de juin 2010 portant sur la liberté de la presse.
Le 22 janvier, Kouma Media, à travers un communiqué, a rejeté les accusations portées contre lui. Il dénonce une « mesure infondée prise dans le cadre de restrictions des médias indépendants encore en activité en Guinée ».
Selon Kouma Média, la décision n’est rien d’autre qu’une tentative de « contrôle éditorial de la part de l’institution chargée de réguler et de promouvoir le pluralisme de l’information qui s’est illustrée ces dernières années par des pratiques de musellement et de coercition à l’encontre des médias. »
Le journal en ligne met au défi la HAC d’identifier et de référencer précisément les contenus incriminés, qualifiés « sans preuve de fausses nouvelles et présentés comme susceptibles, selon ces commissaires, de « saper l’unité nationale ».
Il accuse la HAC de poursuivre le verrouillage de « l’espace informationnel en Guinée engagé depuis la fermeture des principales radios et télévisions privées du pays en mai 2024 pour satisfaire l’appétit autoritaire de la junte militaire au pouvoir ».
Kouma Média est formel, la HAC ne veut pas entendre parler de « productions médiatiques indépendantes portant sur les dérives actuelles du régime du général Mamadi Doumbouya ». Le média n’entend pas baisser la garde : « Aucune décision politique ne saurait remettre en cause l’engagement de la rédaction en faveur de la vérité et de la justice en République de Guinée. »
Cette suspension n’est également pas du goût de l’organisation de la société civile Tournons la page Guinée, qui dénonce une décision arbitraire visant à « museler la voix des médias indépendants et à étouffer la liberté d’expression en Guinée. Nous rappelons au nom de la société civile guinéenne que la liberté de la presse est un droit fondamental, garanti par la nouvelle Constitution et les instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme. » L’organisation appelle la Haute autorité de la communication à reconsidérer sa décision.
Kadiatou Diallo


