Après quelques semaines de pause, le Mouvement démocratique libéral (MoDeL) a repris ses assemblées générales hebdomadaires samedi 10 janvier. Le parti a profité de sa rencontre de Nongo, pour répondre aux bobos d’Ousmane Gawa Diallo, prononcés la veille sur Rfi. La réunion était dirigée par Mamadou Lamarana Barry, vice-prési du parti, chargé de la mobilisation.
À cette occasion, les responsables du MoDeL ont présenté leurs vux de nouvel an aux militants et sympathisants, tout en réaffirmant leur principale préoccupation : la libération de leur prési, Aliou Bah, détenu depuis plus d’un an, suite à sa condamnation pour «offense et diffamation» à l’encontre de Mamadi Doum-bouillant. Le MoDeL, qui considère depuis le début l’incarcération de son leader comme une détention politique, affirme poursuivre ses actions à travers les recours légaux, engagés par ses avocats (sans vinaigrette). Le parti dit rester mobilisé pour dénoncer la « persécution politique » et maintenir la pression jusqu’à l’obtention de la libération dAliou Bah. Le MoDeL espère le voir libre dans les plus brefs délais.
Le 9 janvier sur RFI (Radio France internationale), le ministre guinéen des Transports, Ousmane Diallo lex-Gawa de l’UFDG, a exprimé lespoir d’une éventuelle gâce présidentielle en faveur d’Aliou Bah. Ces propos ont été tenus dans un contexte politique marqué par l’élection de Mamadi Doumbouya, proclamé président de la République le 4 janvier, avec plus de 86% des suffrages, dont l’investiture est prévue le 17 janvier. Réagissant à la sortie d’Ousmane Gawa, ministre et porte-voix du goubernement, le porte-voix du MoDeL, Moïse Diawara, déclare que le parti privilégie les actes aux discours.
Selon lui, l’opinion nationale et internationale reconnaît largement le caractère injuste de la détention d’Aliou Bah. «Ce ne sont plus les mots que nous attendons, mais des actes. Nous voulons qu’Aliou Bah retrouve sa liberté, parce qu’en réalité, il n’est coupable de rien. C’est une persécution. L’opinion nationale et internationale en témoigne. Les déclarations de certains membres du gouvernement ou de personnalités publiques, nous en prenons acte, mais elles ne nous détournent pas de notre objectif », a affirmé le Moïse du MoDeL.
Gracié ou pas ?
Moïse Diawara a également souligné que, par choix stratégique, le MoDeL s’abstient de commenter l’actualité politique, afin de rester concentré sur ses priorités. « Grâce ou pas, nous voulons qu’Aliou Bah retrouve sa famille biologique, sa famille politique et ses activités professionnelles. Il est plus utile au pays en homme libre quen prison. Cétait un enseignant, sa place nest pas derrière les barreaux. Nous suivons notre ligne, avec nos conseillers et nos avocats », a-t-il ajouté, convaincu que le parti célébrera sa libération dans un avenir proche.

Le MoDeL réaffirme sa satisfaction de ne pas avoir participé à l’élection présidentielle du 28 décembre dernier, qu’il qualifie de «mascarade, simulacre» et de «magouille destinée à légitimer le pouvoir en place». Le parti estime qu’il sera difficile de collaborer avec des acteurs politiques qui ne respectent pas leurs engagements, qui ont uvré à l’élimination de toute forme de contre-pouvoir avant l’adoption dune nouvelle Constitution et l’organisation délections visant à confisquer le pouvoir.
Malgré le contexte, le MoDeL assure poursuivre ses préparatifs en vue des prochaines échéances électorales, notamment les élections législatives et municipales, qu’il considère comme des «rendez-vous essentiels pour lavenir démocratique du pays».
Abdoulaye Pellel Bah



