Sommées de libérer le marché « Forêt » depuis plusieurs mois, les occupantes de cette infrastructure du quartier Gonia, dans la commune urbaine de Nzérékoré, ont pris d’assaut la direction de la chambre préfectorale de commerce. Elles protestent contre ce qu’elles qualifient de décision « brutale et injuste » de les déguerpir. Elles alertent les autorités sur la menace qui pèse sur leurs activités commerciales.
Le marché « Forêt » serait un domaine appartenant au ministère du Tourisme et de l’Hôtellerie. Ses occupants sont sommés de quitter les lieux, dans le cadre d’un projet de construction de bureaux administratifs. Selon les manifestantes, la manière et le timing de cette décision posent problème. Elles estiment n’avoir bénéficié d’aucun accompagnement. Une situation qui les préoccupe, surtout que la décision intervient à la veille du mois saint de Ramadan. «Nous demandons à la Chambre de commerce et au Président de la République de nous venir en aide. C’est dans ce marché que nous gagnons notre pain quotidien. Avec le Ramadan, la période est décisive pour nous. On nous demande d’aller au marché de Boma, mais le transport est cher et nous n’avons pas les moyens. Nous n’avons vraiment nulle part où aller », a affirmé une vendeuse sous anonymat, au micro de Guineenews.org
Marie Lamah, présidente des femmes dudit marché, demande aux autorités de les recaser avant de les déguerpir : « Ils n’ont qu’à nous aider afin qu’on puisse nourrir nos enfants en restant là-bas. Nous les femmes, nous souffrons énormément. C’est pourquoi, nous demandons aux autorités, plus particulièrement au Président de la République Mamadi Doumbouya, de nous aider à y rester ou de nous trouver un autre endroit. Nous ne refusons pas de quitter, mais qu’on nous donne une autre place ».
Les autorités locales ont tenté de trouver une solution : « C’est un terrain qui appartient au ministère du Tourisme [dont les agents] sont prêts à construire leurs bureaux. Je vais voir les autorités pour qu’on essaie de voir ce qu’il y a lieu de faire. Je demande aux femmes de rester tranquilles », a rassuré Issiaga Bérété, président par intérim de la chambre de commerce de Nzérékoré.
Les vendeuses du marché « Forêt » devront croiser les doigts, en attendant la solution idoine.
Kadiatou Diallo


