Le procès complémentaire du massacre du 28 septembre 2009 se poursuit au tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la Cour d’Appel. Ce lundi 19 janvier dans le dossier du Colonel Bienvenu Lamah, c’est la phase d’audition des victimes.
Bangaly Diané, chauffeur, a expliqué que lundi, 28 septembre 2009, du quartier Dabondy-école, il a suivi le mouvement de foule pour aller au stade du 28 septembre. Arrivé à l’intérieur du stade où il y « avait de l’ambiance », quelques minutes après, ils ont entendu des coups de fusils. Des tirs nourris. Au moment de la débandade, Bangaly affirme avoir reçu une balle au genou gauche. « La balle a transpercé mon genou. Je suis tombé, j’ai essayé de me lever, mais je suis retombé. Je ressentais de la glace dans mon pied. Des gens m’ont pris pour sortir du stade. C’étaient des militaires bérets-rouges qui se trouvaient à l’intérieur du stade. Ce sont eux qui tiraient. À la sortie, j’ai vu des gendarmes et des policiers qui insultaient les gens. Pourquoi vous êtes venus ici ? »
La victime déclare avoir vu des gens habillés en survêtement. Qu’il a aperçu de nombreux corps, des femmes nues qui couraient dans tous les sens. Après plusieurs péripéties, il a été amené dans une famille du quartier Kamila, à Dixinn, où il est resté jusque dans la soirée. Après, il dit s’être rendu au village, pour un traitement à l’indigénat, mais il ne guérissait pas. Il a ensuite été envoyé au camp Samory Touré, puis à Kamsar, avant d’être évacué en Tunisie où il a été opéré, mais l’opération n’a pas réussi.
17 ans après, Bangaly Diané semble porter les stigmates du 28 septembre 2009. Il n’arrive pas à marcher. Aujourd’hui, il demande justice et réparation.
Seulement voilà, lors des questions réponses, les avocats de la défense ont relevé que dans les documents médicaux fournis par la victime, les faits racontés expliquent que Bangaly Diané a été blessé lors d’une manifestation de femmes à Avaria, en 2008 alors qu’il était sur une moto. Un fait antérieur aux événements du 28 septembre 2009.
Mamadou Adama Diallo


