Le 3 janvier, les forces armées américaines ont nuitamment mené une opération militaire de grande envergure à Caracas (Venezuela). Elles ont enlevé le Président Nicolas Maduro et son épouse. Des forces navales, terrestres et aériennes (au moins 150 avions) ont pris part à l’assaut. Menotté, les yeux bandés, Maduro a été conduit en compagnie de sa conjointe, à New York où ils ont été incarcérés. Ils y attendent leur jugement. L’administration Trump leur reproche principalement d’être des narcotrafiquants internationaux notoires.
Ce type d’opérations rarissimes dans les rapports entre États n’a guère surpris dans la mesure où l’aviation et la marine américaines ont déjà détruit plusieurs navires soupçonnés de transporter de la drogue, le long des côtes vénézuéliennes. Aussi, les mises en garde menaçantes du Président américain à l’endroit des Etats sud-américains mêlées au commerce de la cocaïne sont récurrentes. L’enlèvement du couple présidentiel vénézuélien est un acte crapuleux d’État qui met à mal le droit international qui régit les relations entre les Etats, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale en 1945, fondé sur le sacro-saint principe de la souveraineté. N’est-il pas superflu de noter que Donald Trump est coutumier de ces faits, lui qui vient de bombarder des régions du Nigéria pour défendre, dit-il, les chrétiens et menace l’Afrique du Sud de représailles pour sa prétendue politique de ségrégation raciale ? Déjà sa guerre commerciale qui a complètement mis hors-jeux l’OMC est un coup de canif dans le droit commercial international, laborieusement mis en place.
Donald Trump n’est pas seul
On infère de l’observation du monde que Trump n’est pas isolé dans cette propension unilatéraliste de la compréhension du monde. «L’opération spéciale de dénazification et de démilitarisation» de Vladimir Poutine, en Ukraine, s’inscrit dans la logique de «la raison du plus fort». La Fédération de Russie s’acharne sur l’Ukraine de Volodymyr Zelensky pour la contraindre à renoncer à son droit souverain et inaliénable d’adhérer à l’Union européenne et à l’OTAN, considérant que ces initiatives menacent sa sécurité et ses intérêts. Ne pouvant gagner la guerre totale, Poutine pratique l’usure et dépèce l’Ukraine en la séparant de ses différentes régions, notamment russophones (Crimée, Donbass, etc.). Au-delà de l’Ukraine, les visées impérialistes russes menacent les Etats tels que la Pologne et les petits pays baltiques naguère membres de l’Union-Soviétique. Elles n’ont de cesse d’influencer les élections organisées dans ces Etats dont certains demeurent toujours leurs proxys. Comme Trump, Poutine est un partisan bon teint de l’unilatéralisme, nostalgique de l’ère de l’hégémonie soviétique.
Les visées expansionnistes de la Chine
Quid de la République populaire de Chine et Xi Jinping. De nos jours, la Chine est incontestablement l’une des premières puissances économique et militaire du monde. En trois décennies de compétition, elle a largement devancé les États européens sur le plan scientifique et technologique. Si le pouvoir d’achat des populations chinoises est faible par rapport à celui des Européens, le niveau de vie en Chine progresse régulièrement et significativement. Son statut de puissance mondiale décuple dorénavant ses velléités inextinguibles d’annexer le Taiwan. À cet effet, la Chine organise régulièrement des exercices militaires dans les eaux territoriales de sa voisine. De toute évidence, ces exercices sont destinés à impressionner et à effaroucher la Chine nationaliste qu’elle rêve toujours de phagocyter. Son expansionnisme territorial vis-à-vis du monde asiatique s’affirme de plus en plus.
À n’en pas douter, le monde est à présent traversé par la logique de la raison du plus fort, la dynamique de l’unilatéralisme insufflée par les États les plus puissants. Cette évolution dangereuse des relations internationales porteuse indiscutablement de germes de conflits, révèle l’inefficacité, voire l’échec du Conseil de Sécurité dont la mission était, au sein des Nations-Unies, de maintenir la sécurité et la paix dans le monde.
Abraham Kayoko Doré


