Des manifs ont éclaté le 14 janvier dans la commune urbaine de Siguiri (Haute-Guinée), à la suite de l’interpellation par la Brigade de recherche d’un certain Aly Thiam, pour des fins d’enquête. La protestation a fait un mort, un blessé et des dégâts matériels.

La ville de Siguiri était le théâtre de violences mercredi 14 janvier. Des jeunes en colère ont protesté contre « l’interpellation » pour des fins d’enquête d’Aly Thiam, défenseur de l’environnement. Ils ont érigé des barricades dans maints endroits de la ville. Ils ont brûlé des pneus et bloqué la circulation momentanément, notamment à Kourouni, Saint-Alexis et dans la banlieue. Dans la foulée, deux pick-up de particuliers ont été incendiés : l’un à Saint-Alexis, l’autre à Kourouni. Une moto a été emportée. L’état du blessé, un ressortissant chinois, « s’est amélioré », nous a confié un confrère basé à Siguiri le 26 janvier.

Tout est parti le 4 janvier quand Aly Thiam et ses amis se sont rendus dans un site d’exploitation minière, non loin de la commune urbaine. Objectif, selon eux, lutter contre l’exploitation anarchique de l’or qui « détruit » leur environnement. Mais la visite tourne au vinaigre. Lancinet Chérif, conducteur de proclin, [machine utilisée dans l’exploitation de l’or] a trouvé la mort, dans des circonstances non encore élucidées.

« Aly Thiam et son groupe sont allés dans la localité, afin de vérifier si les proclins sont utilisés dans l’exploitation des mines. C’est ainsi qu’il y a eu un incident », déclare à la presse le médecin légiste Abdoulaye Bachirou Condé. « Mais Aly Thiam qui était de ceux qui ont déposé le corps de Lancinet Chérif n’a pas accepté de répondre aux questions de mon assistant (médecin). Le corps a été examiné devant les parents de la victime par mon assistant. Il n’y avait aucune trace de violences physiques sur son corps », explique Abdoulaye Bachirou Condé, qui a déposé le certificat médical au parquet près le tribunal de première instance de Siguiri. « Puisque la famille de la victime insiste que leur fils avait été violenté, le procureur a ouvert des enquêtes. C’est ainsi qu’Aly Thiam a été entendu tout comme des gendarmes », a précisé le toubib. Après son audition, Aly Thiam a été remis au Sotikimo de Siguiri. Depuis, l’activiste il est introuvable et son téléphone joue aux abonnés absents.

Souleymane Bah