Renvoyées pour avoir posté une vidéo sur les réseaux sociaux jugée contraire aux valeurs morales, à la discipline scolaire et à la réputation de l’école guinéenne, les cinq élèves des lycées Ndama et Mohammed VI de Kamsar pourraient finalement reprendre le chemin de l’école. La Direction préfectorale de l’éducation de Boké a décidé, le 17 février, de réduire les sanctions prises à leur encontre.
L’annonce du renvoi de cinq lycéennes de deux établissements de Kamsar, dans la préfecture de Boké, était tombée comme un couperet. La DPE de Boké, excédée par les propos tenus dans la vidéo publiée par ces élèves, avait décidé de les priver de l’année en cours. Histoire de les discipliner et de dissuader d’éventuels candidats. La sanction n’aura finalement duré que 24 heures. Les autorités préfectorales de Boké, ayant certainement fait le mea-culpa quant à la sévérité de leur décision, accordent désormais une seconde chance aux fautives, en l’allégeant. Les filles peuvent désormais reprendre les cours sous condition : leurs parents doivent faire des « engagements écrits et signés individuellement. Les cinq filles sont soumises à une corvée de nettoyage de l’école pendant un mois. »
Un ouf de soulagement pour les élèves et leurs familles. Mais est-ce la fin de leur calvaire ? Pas si sûr. Le 17 février, le procureur spécial près le Tribunal pour enfant a ordonné des poursuites à leur encontre. Selon Cé Avis Gamy, les propos tenus dans la vidéo incriminée sont « attentatoires aux bonnes mœurs, à la morale publique ainsi qu’aux valeurs fondamentales de notre système éducatif. » Le magistrat estime aussi que la diffusion d’une telle vidéo entache la « crédibilité et l’honneur de l’institution éducative de la République. »
Cé Avis Gamy demande au commandant du Service central de la protection des personnes vulnérables (SCPPV) d’identifier formellement les auteures des propos incriminés, d’établir les circonstances de la production et de la diffusion de la vidéo, de déterminer les responsabilités éventuelles, y compris celles des parents ou tuteurs légaux et des responsables scolaires concernés, le cas échéant.
Si la procédure aboutit, on peut affirmer que les cinq élèves sont loin de se tirer d’affaire.
Yacine Diallo


