Après le déguerpissement des encombrants physiques aux marchés de Matoto et d’Enco5, dans la commune de Matoto, les vendeuses squattent toujours les lieux déguerpis. C’est l’éternel jeu de cache-cache avec les forces de l’ordre.

La démolition des emprises de la route continue dans le Grand-Conakry. Plus d’un mois après le démarrage des opérations, les vendeuses peinent à libérer les lieux déguerpis. Faute, selon elles, de marchés disponibles, notamment à Matoto et à Enco5. Les étalagistes continuent donc d’obstruer la circulation.

À Matoto, les femmes, articles divers en main, occupent la route menant du rond-point à l’Escadron mobile de la gendarmerie mobile numéro 4. Au grand dam des usagers de la route.

Pourtant, l’un des objectifs de la Direction générale de la police nationale (DGPN) était de fluidifier la circulation. La mensure peine à être effective. Pour pousser les vendeuses à libérer complètement les lieux, des policiers sont déployés. Fréquemment, agents et vendeuses jouent au chat et à la souris. Les policiers saisissent les articles des marchandes ambulantes. « Ils ont pris ma marchandise, ils refusent de me la rendre », se plaint une vendeuse, sous anonymat.

Recasement en vue ?

L’autre obstacle à la fluidité de la circulation, les taxis-motards. Ils stationnent le long de la ruelle qui débouche sur la corniche sud.

Dans un édito diffusé sur la Radiodiffusion télévision guinéenne (RTG), la Direction de la communication et de l’information (DCI) de la Présidence a annoncé la construction d’un marché moderne à la place de l’ancien cinéma Mimo, pour recaser les vendeuses déguerpies de Matoto. Un domaine privé. L’annonce avait surpris son propriétaire, qui n’aurait pas été préalablement consulté. Mais selon nos informations, il serait en pourparlers avec les autorités sur les conditions de la cession du site. Un dédommagement pourrait mettre tout le monde d’accord.

Quid des déguerpis d’Enco5 ?

Au marché d’Enco5 où des kiosques et étals ont été démolis, les victimes ont été recasées dans la cour de l’ancienne société Enco5. Malgré tout, des vendeurs de friperie et autres gadgets d’ornement occupent la chaussée, déambulent sur les lieux. Au nez et à la barbe des agents de sécurité.

Souleymane Bah