Alors que le Prési Mamadi Doum-bouillant a chargé son PM et ancien dirlo de campagne à structurer son futur parti, des petits malins prennent les devants en installant des antennes GMD à Cona-cris et à l’intérieur du pays. Piqué au vif, Amadeus Oury Bah tape du poing sur la table.

A peine la page de la présidentielle tournée, les regards se tournent vers les légis-tardives et communales. Une perspective qui aiguise déjà les appétits. Et dans l’arrière-pays, les manœuvres ont déjà commencé. Des antennes de la GMD (Génération pour la modernité et le développement), le parti au pourboire en gestation, se font installer çà et là. Personne ne veut se faire distancer dans la course aux sièges.

Problème, cette structuration parallèle se fait dans le dos du coordinateur national, lequel a été commis à cette tâche par le Prési Mamadi Doum-bouillant. Le Premier ministre et ancien dirlo de campagne du candidat du pouvoir, n’appréciant pas cette manière de lui couper l’herbe sous les pieds, a tapé du poing sur la table. En se fendant d’un communiqué, Amadeus Oury Bah tranche dans le vif : « La Coordination informe l’ensemble de ses membres et sympathisants qu’aucune instruction n’a été donnée dans ce sens. Par conséquent, toutes ces installations de bureaux ou de représentations sont nulles et non avenues. » Un poing, c’est doux.

Le locataire du Palais de la Colombe précise que nul n’a reçu un tel mandat : « Seuls les Directoires GMD pour la campagne présidentielle sont habilités à donner des informations sur le processus de création du parti, d’adhésion des membres et de mise en place des structures du parti après sa reconnaissance officielle et légale par les autorités du pays, conformément à la loi L/2025/035/CNT du 21 novembre 2025 sur le régime des partis politiques en République de Guinée. »

Guéguerre de positionnement

Derrière ces installations se cache une guerre de positionnement qui est antérieure à la présidentielle du 28 décembre dernier. Dans la capitale Cona-cris, mais également dans la plupart des buissons de l’intérieur, la bataille pour le contrôle des directoires de campagne a fait rage. Beaucoup voulaient être désignés, pour baliser la voie à leur candidature aux sélections législatives et communales, deux scrutins qui se tiendront le 24 mai prochain, selon un décret présidentiel du 20 février. Certains l’ont réussi.

Les moins chanceux n’abdiquent pas pour autant et essaient d’anticiper les choses pour ne pas perdre la face. A Télimélé par exemple, des partisans du pouvoir font feu de tout bois pour évincer le dirlo de champagne désigné, en installant leurs propres antennes. L’affaire serait pendante devant la justice, actuellement. Mais Thierno Ibrahima Bah ne se laisse marcher sur les doigts. Au lendemain même du rappel à l’ordre du Premier ministre, il a mis en place le bureau préfectoral du parti GMD, en s’emparant de la tête. Il l’a fait en présence de cadres (en bois originaire du coin), notamment Diawo Kanté, chef de cabinet du mystère de l’Environnement et du développement durable. A Cona-cris, dans la commune de Matam, la mise en place de l’antenne communale de la GMD paralyse la Délégation spéciale. Badra Kôné, prési de la délégation spéciale de la commune est accusé par une frange de conseillers communaux d’avoir concocté une liste dans laquelle ne « figureraient que ses amis. »

A Labé, le dirlo préfectoral de champagne est englué dans des soupçons de détournement de fonds. D’autres surfent sur le scandale pour tenter d’émerger. C’est à la guerre comme à la guerre.

Yacine Diallo