Premier producteur mondial de la bauxite, la Guinée envisage de réduire ses exportations dès le début du mois d’avril prochain. Dans un entretien accordé à l’agence Reuters, le ministre des Mines et de la géologie, Bouna Sylla, a indiqué qu’il a demandé aux entreprises de soumettre des plans de production couvrant les trois prochaines années.  En raison de la baisse des cours mondiaux du minerai, la Guinée veut ajuster les prix en vue de contribuer à la stabilisation du marché international de la bauxite.

Cette décision intervient alors que les exportations de bauxite de la Guinée ont augmenté de 25 % pour atteindre 183 millions de tonnes métriques en 2025 et que les prévisions tablaient sur une hausse à 200 millions de tonnes, cette année. Une offre abondante qui s’accompagne de la baisse inéluctable des prix et incidemment des recettes publiques. Le tout dans un contexte de renchérissement des coûts du transport, consécutif à la guerre au Moyen-Orient. Le ministre des Mines exclut toute interdiction : « Ce n’est pas vraiment un quota, mais nous allons réduire les volumes que nous exportons. »

De quoi impacter le financement des projets de développement local et des emplois ? Bouna Sylla a indiqué que la Guinée discute avec les sociétés minières afin de s’assurer que la production et les investissements dans les infrastructures (chemins de fer, ports, raffineries) correspondent aux engagements pris lors de l’attribution des licences.

La baisse des prix de la bauxite risque de peser négativement sur les recettes fiscales des sociétés, même si la hausse des prix de l’aluminium – désormais au-dessus de 3 000 dollars la tonne – augure une augmentation des revenus issus des redevances. Ce qui pourrait compenser partiellement l’impact budgétaire.

La Guinée consacre 0,5 % des revenus des sociétés minières à des fonds de développement local. Une faiblesse prolongée des prix pourrait donc affecter des projets communautaires, notamment des infrastructures scolaires, sanitaires….

M. Adama