L’un des grands malheurs de la Guinée réside dans les critiques acerbes adressées à une opposition qui brave tous les périls pour défendre la nation, critiques formulées par ceux qui fuient tout engagement, courtisent les pouvoirs en place et refusent de se dresser, quel qu’en soit le prix. Depuis toujours, il y a ceux qui pérorent et ceux qui agissent. Comme le rappelait Bonaparte : « Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent. » Cellou Dalein Diallo appartient à la première catégorie ; la majorité de ses détracteurs, à la seconde.

La Guinée marche à reculons, car rares sont ses enfants réellement préoccupés par son sort. La plupart, inféodés à un confort matériel éphémère, se montrent incapables de militer pour des causes nobles. Le pouvoir, dispensateur de privilèges, semble toujours avoir raison, tandis que l’opposition est systématiquement condamnée, faute de prébendes et de ressources à distribuer.

Beaucoup de censeurs de Cellou Dalein Diallo s’empressent de l’accabler sans n’avoir jamais rien accompli de probant. Ils ne constituent aucune alternative crédible et ne brillent ni par leur détermination ni par leur patriotisme. Ces éternels insatisfaits prétendent détenir la solution ; mais qu’attendent-ils pour s’illustrer, alors que l’UFDG n’a jamais empêché quiconque de descendre dans l’arène pour affronter la dictature sanguinaire qu’ils l’accusent de fuir ?

Ce sont des plumitifs alimentaires prêchant dans le désert, tapis dans une ombre qui leur assure immunité et confort. Ce ne sont pas les combattants de la liberté qu’il faut railler, mais bien les thuriféraires des clans et des dictatures qui s’en prennent aux plus méritants.

Il est d’ailleurs révélateur de constater que le président de l’UFDG continue de susciter autant d’attention : c’est là la rançon du succès.

El Hadj Cellou Dalein Diallo, lui, ne s’est ni muré dans le silence ni compromis avec la junte, alors même que la peur et la résignation gagnent les esprits. Dénoncer la tyrannie dans les médias ou lors de meetings, sous un régime de fer, est un acte de courage et de dignité, une posture révolutionnaire indispensable à la survie de la démocratie et de l’État de droit.

Où se cachent ceux qui exhortent le président de l’UFDG à croiser le fer avec un régime sans foi ni loi ? Se sont-ils exprimés avec bravoure sur la place publique ou se contentent-ils de l’anonymat des colonnes de presse ?

Souleymane Souza Konaté

Pour les profanes, rappelons que les médias constituent une arme redoutable dans toute conquête démocratique. Si leur impact était dérisoire, pourquoi le pouvoir s’acharnerait-il à les bâillonner et à persécuter leurs animateurs ?

Il est plus aisé de fustiger un opposant que de s’indigner des dérives d’une dictature clanique et mortifère. Chacun balaie devant sa porte et défend les siens.

Aujourd’hui, Cellou Dalein Diallo demeure l’un des rares à se dresser ouvertement contre l’oppression, maintenant l’UFDG dans une résistance loyale. Face à la junte, le choix semble se réduire au ralliement ou au repli. C’est précisément son refus de l’usurpation qui fait de lui la cible privilégiée du système et de ses partisans de l’ombre.

Le paradoxe veut que des analystes extérieurs à l’UFDG se livrent à des pronostics hasardeux sur son climat interne. On tente d’accréditer l’idée d’un malaise ou d’une démobilisation afin de fragiliser la cohésion du groupe et le leadership d’un homme conscient que l’éthique républicaine se heurte parfois à des adversaires qui ne comprennent que le rapport de force.

En exil ou sur place, l’impératif demeure la libération du pays. De Gaulle a dirigé la Résistance depuis Londres ; l’histoire prouve que la distance n’entame pas la légitimité face à une armée d’occupation. Les exemples de luttes victorieuses menées depuis l’extérieur sont nombreux.

Si chaque citoyen jouait sa partition dans cette œuvre salvatrice, au lieu de se poser en procureur, le changement surviendrait plus rapidement.

N’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure, les militants de l’UFDG restent mobilisés. Malgré les calomnies et les sacrifices, leur foi en leur leader demeure inébranlable en ces temps d’épreuves.

Qui, dans l’histoire récente, a autant enduré que lui ? Entre les tentatives d’assassinat et le massacre du 28 septembre 2009, a-t-il connu un seul instant de répit depuis son entrée en politique ?

Le « courage » que certains exigent de lui consisterait à s’offrir en holocauste aux balles de la dictature. Or, la démocratie a-t-elle vocation à fabriquer des martyrs ou à permettre au peuple de choisir librement ses dirigeants ?

Les Guinéens ont besoin de Cellou Dalein Diallo vivant. S’il doit mourir pour ses convictions, il le fera avec honneur ; mais il ne cédera pas à un suicide politique pour satisfaire des ennemis qui ne célèbrent ni les héros ni les martyrs.

Ces voix critiques servent, en réalité, les intérêts de la tyrannie.

Le chien aboie, la caravane passe.

Souleymane SOUZA KONATÉ