Le 9 mars, dans le cadre du procès d’Oyé Guilavogui, Oumar Saïd Koulibaly, ex-directeur général de la Sotelgui, a comparu à titre de témoin, devant la Chambre de jugement de la Crief. L’ancien ministre a démenti le prévenu, en laissant entendre que la société n’était qu’une coquille vide lorsqu’il a été nommé directeur par l’ancien Président Alpha Condé.
Oyé Guilavogui, ancien ministre des Télécommunications (2011-2015), sorti du pays en novembre 2023 pour des soins à Tunis, est poursuivi par l’État guinéen pour détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Le natif de Kindia aurait piqué une partie de 50 millions de dollars américains prêtés par Eximbank (Chine) pour la relance et la modernisation de la Société guinéenne des télécommunications (Sotelgui).
Si l’accusé avait déclaré que le projet avait été exécuté et que les équipements avaient été testés, son successeur Oumar Saïd Koulibaly affirme avoir « trouvé une maison en ruine ».
À la barre ce lundi 9 mars, Oumar Saïd Koulibaly, nommé directeur général de la Sotelgui en 2017, a déclaré que l’entité n’existait juridiquement pas, même que cette société publique avait été liquidée : « J’étais nommé directeur de Guinée Télécom en remplacement du nom Sotelgui. Quand je suis arrivé, j’ai trouvé une maison en ruine. Je suis arrivé après la liquidation de la Sotelgui. Il était convenu que l’État prenne les passifs de la Sotelgui et que Guinée Télécom prenne les actifs de la Sotelgui », a-t-il expliqué.
Selon lui, la Sotelgui n’avait ni bureau ni travailleurs : « Les équipements n’ont jamais été mis sous tension depuis 5 ans, la maison était abandonnée, des sites vandalisés. La Sotelgui n’existait pas », ajoute-t-il.
Parlant de la conception du projet des 50 millions de dollars américains pour relancer et moderniser la Sotelgui, Oumar Saïd Koulibaly, qui était à l’époque directeur général adjoint de l’ARPT, soutient qu’il n’a été ni de près ni de loin associé à la conception du projet, exécuté par la société chinoise HUAWEI.
Toutefois, l’ancien ministre des Postes, des télécommunications et de l’économie numérique, estime que les équipements choisis pour la relance et la modernisation de la Sotelgui « n’étaient pas adaptés » au projet, notamment au réseau de la Sotelgui. « Il y avait eu un manquement dans l’appréciation de la part des ingénieurs », charge Oumar Saïd Koulibaly.
Le président de la Cour, Yagouba Conté, a renvoyé l’affaire au 25 mars, pour l’identification des biens et des comptes bancaires de Oyé Guilavogui, sa comparution et pour réquisitions et plaidoiries.
Yaya Doumbouya


