Investi dans ses fonctions mercredi 25 mars, l’ex-chef du gouvernement guinéen s’est vu confier deux missions essentielles : d’une part faciliter – s’ils changent d’avis – un éventuel retour au sein de la Cédéao du Mali, du Niger et du Burkina Faso, qui en ont claqué la porte en 2025, et d’autre part engager dans le même temps avec eux des discussions en vue d’une séparation à l’amiable.

L’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté reprend du service. Mercredi 25 mars, ce dernier a été officiellement nommé négociateur en chef de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) dans le cadre des pourparlers de l’organisation régionale avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui en ont claqué la porte.

Dans ses nouvelles fonctions, Lansana Kouyaté a reçu deux missions essentielles : faciliter un éventuel retour au sein de la Cédéao du Mali, du Niger et du Burkina Faso – trois pays dirigés par des putschistes – s’ils changent d’avis, tout en engageant en même temps avec eux des discussions en vue d’une séparation à l’amiable.

Dans le cadre de cette seconde mission, l’ancien Premier ministre guinéen aura plusieurs dossiers à gérer comme le sort de plus de 150 travailleurs de la Cédéao originaires du Mali, du Niger et du Burkina – Comment les faire partir ? Comment les remplacer ? – ou la relocalisation de certaines institutions de l’organisation dont le siège se trouve aujourd’hui dans l’un de ces trois pays. C’est par exemple le cas de l’Organisation ouest-africaine de la santé, actuellement basée à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, et dont le transfert est annoncé à Abidjan en Côte d’Ivoire, ou du Centre de la gestion des ressource en eau, lui aussi aujourd’hui basé au Burkina, qui va s’installer en Guinée.

Sur plusieurs autres points, Lansana Kouyaté, qui ne souhaite pas une rupture brutale avec les pays de l’AES, entend par ailleurs prêter une oreille attentive aux demandes de dérogations formulées par Bamako, Niamey et Ouagadougou. Les trois pays souhaitent par exemple pouvoir continuer de bénéficier de la libre circulation des biens et des personnes entre leur espace et celui de la Cédéao. Sur le plan économique, ils voudraient pouvoir continuer à profiter des actions de la Banque d’investissement et de développement de l’organisation basée à Lomé. Sans compter la collaboration dans la lutte contre le terrorisme… Les premières discussions entre les deux parties doivent durer trois mois.

Par RFI