Pour lutter contre la dégradation de l’environnement, les ministères de l’Administration du territoire et de la décentralisation, des Mines et de la géologie, de l’Enivrement et du développement durable ont interdit, le 13 mars, l’utilisation des poclains dans l’exploitation minière artisanale de l’or dans les zones minières du pays. Le 16 mars, Aly Thiam, défenseur de l’environnement à Siguiri, zone aurifère, promet de veiller au respect de la mesure.
Alors que des défenseurs de l’environnement accusent les propriétaires des poclains de dégrader l’environnement, notamment en Haute-Guinée, les trois départements interdisent l’usage des engins lourds notamment dans l’exploitation de l’or : poclains, bulldozers, tractopelles et autres engins mécaniques similaires dans les sites dédiés à l’exploitation minière artisanale. Dans un communiqué conjoint, les ministères soulignent que l’interdiction vise à protéger l’environnement, les personnes et leurs biens. La mesure s’inscrit dans le cadre de limiter la dégradation de l’environnement : terre, cours d’eau, écosystème. C’est aussi « prévenir les risques d’accident entraînant des morts, lutter contre l’exploitation minière illégale, le non-respect des normes environnementales et protéger les communautés locales. »
Les départements préviennent que « tout engin lourd trouvé sur un site d’exploitation minière artisanale sera défensivement saisi par les autorités compétentes » et que « les contrevenants s’exposent à des poursuites judiciaires pouvant aboutir à des condamnations et à des sanctions financières. »
Décision appréciée
Le 16 mars, Aly Thiam, président de l’Union des jeunes pour le progrès de Siguiri a réagi à la décision. Ce défenseur de l’environnement et son groupe avaient déjà été arrêtés par le passé suite à des manifestations contre l’usage des poclains dans les zones aurifères de Siguiri. Il rassure du respect de la décision des autorités. Selon lui, « aucun poclain ne travaille pour le moment », ajoutant que « les propriétaires de ces machines ont rangé leurs équipements pour rentrer. » L’activiste promet que le contrôle se fera dans toutes les zones. « Nous irons sur le terrain, afin d’appuyer les autorités, parce qu’il y a des zones méconnues par les agents de sécurité. La décision sera respectée, » promet-t-il.
Selon Aly Thiam, l’objectif de son organisation n’est pas totalement atteint. « Parce qu’il y a des zones totalement détruites à Siguiri. Donc, il faut les reverdir. Nous envisageons de reboiser les sites concernés et nous demandons l’appui des autorités. »
L’activiste appelle à un suivi permanent des zones d’orpaillage.
Souleymane Bah


