L’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH) a tenu une conférence de presse, le 28 mars, à la Maison de la presse, sur le renforcement de l’accès à la justice pour les personnes les plus vulnérables.

En Guinée, l’accès à la justice pour les personnes démunies constitue un véritable parcours de combattants. Entre les recours systématiques à la détention préventive, les détentions prolongées parfois sans raisons et les procédures judiciaires qui s’entassent dans les différentes juridictions faute d’avocats pour les détenus, les problèmes ne manquent pas. Pour faire face à cette problématique, l’OGDH, avec le soutien de l’ambassade du Royaume-Uni en Guinée et de l’Agence britannique du développement, a initié un projet portant sur la justice des personnes démunies. Pour l’ambassadeur du Royaume-Uni en Guinée, Daniel Shepherd, le projet répond à des défis bien connus : durée excessive de certaines détentions préventives, encombrement des juridictions, difficultés d’accès à une assistance juridique pour personnes en vulnérabilité : « Il vise à accompagner juridiquement des détenus démunis, à identifier des dossiers en attente de jugement, à faciliter les programmations des procès et à permettre une défense effective. » Le diplomate précise : « Le Royaume-Uni attache une grande importance au travail mené en Guinée pour renforcer l’Etat de droit…»

Le projet a démarré en septembre 2025, dure 7 mois, comprend deux volets. Primo : l’accompagnement « dans les maisons d’arrêt, rechercher les personnes qui désirent le service d’un avocat et n’en ont pas les moyens. Ce travail essentiel est effectué dans les prisons par nos juristes, qui recensent les personnes démunies, qui préparent les dossiers et qui saisissent les avocats. Les avocats constitués en collectif défendent les dossiers au niveau des juridictions », explique Me Alpha Amadou DS Bah, prési de l’OGDH. Secundo, mener une étude, via deux consultants, sur les dysfonctionnements du système judiciaire, produire des recommandations sur les détentions prolongées et la lenteur de la justice. Le projet couvre les juridictions de Cona-cris, Kindia, Mamou et Labé.

Selon Maître Alpha Amadou DS Bah, le projet a accompagné, depuis septembre dernier, 30 dossiers criminels et 17 dossiers correctionnels à Cona-cris et à l’intérieur du pays. Ces dossiers concernent 47 détenus. Il y a déjà eu des procès dans 17 dossiers.

Yacine Diallo