Au terme de son interrogation par la défense, Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, se voit une fois encore sa demande de mise en liberté rejetée par la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief).

Poursuivi par l’État guinéen pour des faits présumés de détournement de deniers publics, enrichissement illicite, corruption et blanchiment de capitaux, Mohamed Lamine Bangoura, en prison depuis le 15 décembre 2022, a rappelé avoir bénéficié trois remises en liberté, mais toutes bloquées par le parquet spécial de la Crief.

Seul derrière les barreaux parmi ses co-prévenus, l’ancien président de la Cour constitutionnelle prie la Chambre de jugement de la Crief d’accélérer son procès.

Son avocat, Me Facinet Soumah, indique que tous les comptes bancaires de son client sont gelés, même celui de son salaire d’universitaire. « Dieu seul sait comment il vit et comment vit sa famille. Ses documents de voyage sont saisis, il a sa famille en Guinée », précise l’avocat, plaidant pour la mise en liberté de son client.  

Amiata Kaba, le substitut du procureur spécial de la Crief, argue que la mise en liberté de Mohamed Lamine Bangoura pourrait influencer le cours normal de la procédure. Et de s’opposer « catégoriquement » à ladite demande.

La Cour présidée par Yagouba Conté a renvoyé l’affaire au 18 mars et le prévenu, Mohamed Lamine Bangoura, renvoyé à la Maison centrale de Coronthie.

Yaya Doumbouya