La Génération pour la modernité et le développement (GMD-Bâtir ensemble) se met en ordre de bataille pour les sélections du 24 mai prochain. Le coordinateur national du futur parti au pouvoir appelle ses membres du Grand Cona-cris à faire acte de candidature, avant même l’officialisation de sa création. Ambiance.

Après la dissolution d’une quarantaine de partis politiques dont l’UFDG, le RPG et l’UFR, la GMD prépare activement les sélections législatives, communales et sénatoriales. Nul doute que, comme au référen-drôle constitutionnel et à la dernière présidentielle, le pourboire Doum-bouillant se proclamera vainqueur sans suspense. Pendant que ses adversaires sans envergure réfléchissent à quelle sauce ils seront mangés, la mouvance avance. Avance même sa naissance.

Le 28 février dernier, sous la houlette d’Amadeus Oury Bah, des pontes du régime ont organisé dans un réceptif hôtelier de la capitale l’assemblée générale constitutive de la GMD-Bâtir ensemble. Surprise, le PM et coordinateur national se ravise : « On est là pour la mise en œuvre des valeurs et de sa vision. Mais comme le Président n’est pas physiquement présent à Conakry, pour la finalisation, on attend son retour pour qu’il soit présent pour le baptême et l’ensemble des processus organiques. »

Candidatures non consensuelles

Depuis, plus rien ou presque. Mamadi Doum-bouillant est rentré au bercail, avec tambours et trompettes, depuis le 6 mars. Les jours passent, la GMD n’est toujours pas officiellement lancée. Silence intriguant ou stratégie bien pensée ?

Le processus de création de la GMD, comme pour la gestion des directoires de campagne, a engendré de grabuges un peu partout à travers le bled. Les listes des potentiels membres fondateurs à Cona-cris et de l’intérieur du pays ne font pas l’unanimité. Pourtant, celles-ci auraient été presque toutes validées, sans modifications étant transmises par les directoires locaux de campagne.

Au niveau national, soutiens de première heure, alliés, militants de la 25e heure, attendaient impatiemment les noms des fondateurs. Selon une source proche de la coordination nationale, Amadeus Oury Bah veut éviter tout bruit à l’approche des sélections : « Tout est prêt maintenant. Juridiquement, je pense c’est déjà fait, les documents du parti sont prêts. L’annonce officielle ne tardera plus ». La même source ajoute que la coordination nationale se penche sur la composition des listes de candidats en priorité.

Guéguerre de positionnement

Le coordinateur national du parti et ses lieutenants en auraient profité pour court-cuiter tout le monde. Le coordinateur GMD de la région spéciale de Cona-cris a attendu le 17 mars, pour demander à ceux qui le désirent, dans les 13 communes, de déposer leurs listes de candidature au plus tard le 19 mars. Une telle demande pourrait tomber à tout moment pour ce qui est des buissons de l’intérieur. Comme dans un jeu d’échecs, ils déplacent désormais le problème. A présent, la priorité n’est plus d’être membre fondateur mais d’être candidat aux légis-tardives et communales

Des alliés qui ont abandonné leurs mouvements et partis politiques pour rejoindre la GMD, des soutiens de première heure qui craignent d’être lésés au profit de nouveaux venus…, tous remuent ciel et terre pour être retenus candidats : « On est en pleine réunion, c’est serré », dixit Mohamed Cissé, prési de La nouvelle Guinée. D’autres alliés révèlent également être en discussion pour être inscrits sur les listes : « Nous sommes déjà avec eux, nous sommes dans les préparatifs », affirme Diabaty Doré. Alhoussény Makanéra Kaké, lui, est plus prudent : « Je n’ai rien à dire pour le moment.» Le silence ne trahit jamais.

Yacine Diallo