Au Sénégal, le Pastef, le parti au pouvoir, serre les rangs. Alors que le fossé se creuse entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, de nombreux cadres du Pastef ont pris position, ces dernières 24 heures, en faveur du chef de leur parti, Ousmane Sonko. Et donc contre la coalition « Diomaye président » qui a tenu sa première assemblée générale, samedi 7 mars, et se structure pour devenir une force alternative au Pastef, en vue des prochains rendez-vous électoraux.
Ousmane Sonko, « le gardien de la révolution », peut-on lire sur la page Facebook de la porte-parole du gouvernement, Marie Rose Faye. Idem pour le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal. Via les réseaux sociaux, ces dernières heures, les cadres du parti Pastef choisissent leur camp. Pour beaucoup, structurer une force politique alternative au Pastef est une trahison du président Bassirou Diomaye Faye au parti qui l’a porté au pouvoir.
« Comment tout d’un coup, Bassirou Diomaye Faye, se demande Guy Marius Sagna, député du Pastef, qui a été élu pour le projet d’un parti politique, peut prendre ses distances avec ceux-là qui ont élaboré ce projet-là ? Ça n’a pas de sens. Il est en train de trahir le projet de Pastef. Il est en train d’opérer un hold-up d’une mobilisation formidable, populaire des citoyens sénégalais. »
Et la vertigineuse dette publique ?
Incompréhension aussi du côté de l’opposition qui, face à une dette publique vertigineuse, des difficultés économiques à venir du fait de la guerre en Iran, se désole de ces divisions entre le chef de l’État et son Premier ministre. « Au lieu de mobiliser l’ensemble des énergies pour susciter un sursaut national et faire face aux problèmes, dit Thierno Alassane Sall, député non inscrit, Sonko et Diomaye ajoutent de la division. Ils constituent aujourd’hui des problèmes au lieu d’être des solutions. »
Depuis samedi, Ousmane Sonko n’a fait aucune déclaration au sujet de cette réunion de la coalition « Diomaye président » qui doit servir à préparer « les prochaines échéances électorales », comme stipulé dans sa charte. Le 1er mars, le chef du Pastef avait, cependant, appelé ses militants à ne pas accorder trop d’intérêt à cette coalition, incapable, selon lui, de concurrencer le parti Pastef.
Par RFI



