Au Sénégal, les camps politiques autour du président et de son premier ministre se structurent. Une semaine après l’organisation par le président Bassirou Diomaye Faye d’une assemblée générale autour de la coalition qui porte son nom, le premier ministre Ousmane Sonko a, à son tour, organisé un tête-à-tête avec sa coalition alliée et tenu un conseil national de son parti.

« Le rouleau est en marche. » Les termes sont du premier ministre Ousmane Sonko, sur sa page Facebook, pour résumer ses activités politiques du week-end. Il y a d’abord une rencontre à huis clos avec ses alliés de l’Alliance patriotique pour le travail et l’éthique (Apte) samedi. Cette coalition rassemble les proches d’Ousmane Sonko, de la même façon que Bassirou Diomaye Faye a sa coalition Diomaye président. À l’image des différends politiques qui opposent le président et son premier ministre depuis six mois, chaque tête de l’exécutif a donc aussi sa coalition de soutiens.

Un premier congrès prévu pour remobiliser les militants

Dimanche, c’était au tour des membres de son parti avec un conseil national du Pastef. Deux rencontres pour appeler ses militants et ses alliés, comme le chef de l’État une semaine avant, à occuper le terrain, à recruter des maires et à mobiliser en vue des élections locales en 2027, mais aussi de la présidentielle en 2029. Le Premier ministre a aussi annoncé la tenue d’un congrès de son parti, le Pastef, le 6 juin 2026 pour remobiliser les militants.

Depuis la création du Pastef en 2014, ce sera le premier congrès du parti. Une « étape cruciale dans la consolidation et l’institutionnalisation » du Pastef, peut-on lire dans le communiqué, publié à l’issue de la réunion des membres du conseil national dimanche. Pour cela, une commission chargée de superviser la vente et la distribution des cartes de membres du Pastef a été créée. Elle doit démarrer début avril, avec des cartes vendues 1 000 francs CFA au Sénégal, 20 euros en Europe et 20 dollars dans le reste du monde. Objectif : atteindre 1 million d’adhérents avec une politique d’« ouverture aux alliés », assure un cadre du parti, c’est-à-dire la possibilité de devenir membre du Pastef en tant que « sympathisant » sans obligation d’être militant. 

Ousmane Sonko a également profité de ces deux réunions politiques pour dire clairement qu’il n’envisageait pas de démissionner de son poste de Premier ministre.

« Chacun consolide ses positions, s’entoure de ses alliés pour dérouler ses ambitions politiques », analyse Ababacar Fall du Groupe de recherche et d’appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec) confirmant par la même occasion qu’Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye sont désormais dans une « concurrence politique » qui s’exprime sur le terrain.

Par RFI