Le 30 mars, le tribunal de première instance de Mamou a acquitté Mariame Touré, présidente de l’ONG Assistance humanitaire d’urgence. Elle était poursuivie pour « tentative de mariage d’enfant et de mariage forcé» par le Club des jeunes filles leaders de Guinée.
Le procès s’est ouvert le 27 mars au tribunal de première instance de Mamou. Mariame Touré, la présidente de l’Assistance humanitaire d’urgence est soupçonnée de vouloir sceller un mariage entre une mineure orpheline et un homme. Lors des débats, la partie civile a déclaré que la fille était mineure, sans toutefois fournir son extrait de naissance. Le ministère public estime que Mariame Touré est coupable des faits à lui reprochés et a requis un an de prison avec sursis et deux millions de francs guinéens d’amende contre elle. Le procureur a aussi requis le retrait de l’agrément de l’ONG de la prévenue. À la barre, Mariame Touré a rapporté que la fille en question a ses 19 ans, se basant sur les déclarations des proches de la fille.
Le 30 mars, le tribunal de première instance de Mamou a déclaré Mariame Touré non coupable des faits mis à sa charge. Dans sa décision, le juge a indiqué que dans ce cas de figure, la loi punit l’acte consommé et non pas la tentative. Le mariage n’ayant pas abouti, les charges n’ont pas été retenues. Ainsi, Mariame Touré a été acquittée.
Au sortir de l’audience, la partie civile se dit satisfaite, parce que le processus de mariage est stoppé. Fatoumata Binta Niakaté, cheffe du bureau local du Club des jeunes filles leaders de Guinée, déclare que « l’action a été interrompue. Notre rôle est de dénoncer, ce que nous avons fait. Lutter contre les violences basées sur le genre, les mariages d’enfants ou forcés dans la région de Mamou restera notre cheval de bataille », a-t-elle.
Souleymane Bah


