La session du Conseil administratif de la préfecture de Coyah s’est tenue lundi 13 avril, dans la commune rurale de Kouriah. La rencontre a réuni les autorités administratives autour des enjeux majeurs liés au développement local, à la pression démographique et à la cohésion sociale.
Dès l’entame, le préfet de Coyah, Bernard Kamano, a mis en avant l’importance de la session comme un cadre d’évaluation et de prise de décisions concrètes. « La présente session nous offre l’opportunité d’évaluer le chemin parcouru et d’identifier les difficultés rencontrées dans l’exercice de nos missions respectives. C’est pourquoi, je vous exhorte à faire preuve de responsabilité, d’engagement et d’esprit de collaboration, afin que nos échanges aboutissent à des recommandations pertinentes et à des décisions efficaces au service de nos populations », a-t-il déclaré, espérant que les débats et recommandations ouvrent la voie au développement, à la paix et à la prospérité.

Le préfet a également dressé un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle de Coyah, marquée par une urbanisation rapide avec de multiples conséquences. « Il y a quelques années, la préfecture de Coyah était une zone périurbaine de Conakry. Elle a connu, ces dix dernières années, une forte pression urbanistique et une démographie galopante. Cela constitue à la fois une opportunité de développement participatif, mais aussi une menace pour nos zones agricoles ainsi que pour la faune et la flore en milieu rural. Cette urbanisation, parfois anarchique, impacte la qualité de notre environnement, l’encadrement de nos enfants, notre système éducatif, ainsi que nos valeurs sociales et nos mécanismes traditionnels. Elle a également entraîné la recrudescence des conflits fonciers et favorisé le grand banditisme et la criminalité », a déploré le préfet, soulignant que ces problématiques doivent interpeller tous les acteurs, afin d’y apporter des solutions.
Des défis croissants qui appellent des réponses concertées
Le directeur de cabinet de la région administrative de Kindia, Lanfia Kouyaté, a insisté sur l’importance stratégique du Conseil administratif, qu’il considère comme un organe décisif. « Le CA n’est pas une rencontre ordinaire, elle est l’instance suprême de discussion et de décision des problèmes majeurs de la préfecture. Les résultats doivent être objectifs. Le CA ne vaut que par les réalisations qui en découlent », a-t-il affirmé. Pour y parvenir, ajoute l’administrateur, « il faut choisir des programmes d’activités à la mesure des moyens disponibles, accentuer les efforts de recouvrement des taxes locales et éviter de compter uniquement sur les subventions. Les résultats qui en découleront seront l’expression de la volonté des populations. »

Abordant la question de la croissance démographique et de la planification, Lanfia Kouyaté a appelé les administrateurs à anticiper les besoins et à préserver la cohésion sociale. « Les administrateurs doivent comprendre que leur évaluation ne se fera pas aujourd’hui, mais dans dix ou vingt ans. Ils doivent anticiper les problèmes à venir, notamment en réalisant des lotissements adaptés et en réservant des espaces pour les services publics. Il faut également veiller à ce que les populations s’installent dans la paix, sans regroupement ethnique ou par origine, afin que Coyah reflète toute la Guinée », a-t-il martelé.
Le directeur de Cabinet a enfin invité les responsables administratifs à promouvoir la culture de la paix et à prévenir les occupations anarchiques. « Évitons les lotissements fantaisistes et les doubles ventes de parcelles, car ces pratiques créent des conflits. Préservons ces principes, afin de garantir une paix durable à Coyah. »
Cette session du Conseil administratif de Coyah se poursuivra pendant trois jours. Elle constitue une étape importante pour poser les bases de solutions concrètes face aux défis d’urbanisation, de gouvernance et de cohésion sociale, dans l’optique d’un développement harmonieux et durable de la préfecture.
Mariama Dalanda Bah

