Après trois mois de trêve, l’intersyndicale FSPE-SNE (Fédération syndicale professionnelle de l’éducation – Syndicat national de l’éducation) presse le gouvernement. Elle l’accuse de n’avoir pas respecté ses engagements contenus dans le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026. De quoi raviver les tensions pouvant déboucher sur une nouvelle grève.
De nombreux points essentiels de revendications des enseignants restent en suspens. Joint au téléphone par Le Lynx ce vendredi 10 avril, le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, a justifié la tenue annoncée d’une Assemblée générale extraordinaire ce 11 avril, très cruciale dans le différend avec les autorités. « C’est suite au non-respect du protocole d’accord du 3 janvier 2026 par la partie gouvernementale que l’intersyndicale FSP-SNE a décidé de convoquer une Assemblée générale extraordinaire et décisive, afin d’informer, de sensibiliser et de mobiliser ses militants pour l’application stricte des points contenus dans cet accord. »
Au cœur des revendications, a-t-il expliqué, la mise en place de trois commissions techniques toujours attendue, plusieurs semaines après l’échéance fixée. « La première doit traiter la situation des enseignants contractuels non admis à l’issue de l’évaluation en classe. La deuxième doit examiner les actes de nomination des cadres devant bénéficier des primes de fonction. La troisième doit poursuivre les travaux de révision du statut particulier de l’éducation. Tout cela était prévu pour février, mais en avril, aucune de ces commissions n’est opérationnelle », déplore le syndicaliste.
Face à cette situation, l’intersyndicale entend s’en remettre à sa base, qui aura le dernier mot sur la suite du mouvement : « C’est en raison de ce retard dans la mise en œuvre des points sensibles que nous avons décidé de tenir cette Assemblée générale. Nous allons écouter la base, et la décision qui en sortira sera entérinée. »
Un syndicat miné par des divisions
En attendant, Michel Pépé Balamou appelle les autorités à agir. « Depuis janvier, nous avons travaillé de bonne foi au sein du comité de suivi, poursuit-il. Le gouvernement a eu trois mois pour mettre en place ces commissions. Il doit aujourd’hui prendre conscience des conséquences et faire preuve de responsabilité sociale en répondant rapidement à nos griefs. »
Le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée a tenu, jeudi 9 avril, une assemblée générale extraordinaire. A l’occasion, le SLECG a pris ses distances vis-à-vis du mot d’ordre, au motif que l’heure n’est pas encore au débrayage mais plutôt à l’alerte. Son leader Aboubacar Soumah préfère rappeler aux autorités l’expiration du délai de 100 jours pour la mise en œuvre du protocole d’accord.
Pépé Balamou reconnaît des désaccords au sein de la grande famille syndicale, mais affirme que cela n’entame pas sa détermination. « Le syndicat n’est pas unanime face à certaines décisions, et l’unanimité totale n’existe pas. Mais nous, signataires de la grève passée, sommes unanimes à aller jusqu’au bout de nos revendications », a-t-il martelé.
À la veille de cette rencontre décisive, tous les regards sont désormais tournés vers l’Assemblée générale prévue ce 11 avril à la Bourse du Travail, siège de la CNTG (Confédération nationale des travailleurs de Guinée), à Kaloum.
Mariama Dalanda Bah

