Le mandat de l’actuel Secrétaire de l’ONU, Antonio Guterres, s’achève à la fin de cette année. Les prétendants à sa succession se bousculent déjà au portillon. La candidature de l’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a été portée par le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye. Mais la candidature, pour plusieurs raisons, n’enthousiasme que peu de personnes. Les autorités sénégalaises et une vingtaine d’États membres de l’Union africaine (UA) sont vent debout contre la requête de Macky Sall. Dans son pays, il se heurte à deux récriminations. D’une part, il est coupable aux yeux de ses successeurs de la mort de dizaines de jeunes lors des manifestations politiques contres son régime ; d’autre part, il serait comptable d’une lourde dette cachée qui plombe actuellement l’économie sénégalaise, le pays ayant difficilement accès au marché financier. Ah, que le duo Faye-Sonko et le PASTEF ont la rancune dure !

S’agissant des membres de l’UA, ils évoquent les règles qui encadrent l’élection du Secrétaire général de l’ONU. A cet effet, on note que le principe de l’alternation géographique de ce poste prévoit une personnalité de l’Amérique du Sud et des Caraïbes, pour remplir cette fonction après Guterres.

Aussi, sans être une règle, la féminisation de la fonction de Secrétaire général de l’ONU s’avère dorénavant comme un impératif dans la mesure où aucune femme n’a jamais été élevée à ce rang. On ne fait plus mystère de cette éventualité au Palais de Verre, à New York. Ces deux contraintes juridique et morale fondent la posture des membres de l’UA réticents ou allergiques à la candidature de l’ancien Président sénégalais.

Ces positionnements, au Sénégal et en Afrique, sont certes justifiés. Cependant, que le pays d’origine d’un candidat à un poste aussi prestigieux et stratégique que celui de Secrétaire Général des Nations Unies flétrisse cette louable prétention, laisse perplexe. Les motifs invoqués par les dirigeants sénégalais sont des ingrédients politiques et économiques d’un contentieux intérieur qu’il devrait apurer à ce niveau. N’est-ce pas du linge sale à laver en famille ? Il ne faut pas minimiser les avantages que le Sénégal et les Sénégalais pourraient tirer de la présence de leur compatriote à un si haut poste. Quant à l’UA, elle pourrait s’enorgueillir de la présence d’un fils du continent africain à la tête de l’organisation mondiale. Elle dispose mieux d’un facilitateur fiable et disponible pour maintes négociations politiques, économiques, culturelles de tous ordres, partout dans le monde.

Ce qui serait pertinent de leur part c’est, au pire, de s’abstenir au lieu de vilipender le candidat et la candidature. Aucun notre candidat ne pourra servir l’Afrique et l’UA mieux que l’Africain Macky Sall. Et c’est cela qui compte.

Abraham Kayoko Doré