Le 5 avril, la fête de Pâques a été célébrée en Guinée, après 40 jours de jeûne et de pénitence par les fidèles chrétiens. À l’occasion de sa célébration, la dissolution des partis politiques, la crise de liquidité, le différend frontalier entre la Guinée et la Sierra-Léone ont été, entre autres, au cœur des préoccupations des archevêques et évêques du pays.
Alors que la Guinée fait face à une crise de liquidité sans précédent, François Sylla, archevêque de Conakry, s’est exprimé sur le sujet. Pour lui, la cherté de la vie actuelle serait liée à la difficulté économique, notamment le manque de cash dans le pays. A la paroisse Sainte-Marie de Conakry où des chrétiens étaient fortement mobilisés pour fêter la résurrection de Jésus-Christ, l’archevêque, dans son homélie, estime que «la vie devient chère en raison du manque de liquidités dans les institutions bancaires. Cette situation affecte les ménages ainsi que les entreprises dans leur fonctionnement normal.»
Selon l’archevêque, l’État a déjà envisagé des solutions «efficaces et durables pour mettre fin à cette crise. Face à cette situation, il est important de garder confiance et de privilégier le dialogue, la responsabilité et la recherche de solutions durables. Nous encourageons toutes les initiatives dans le sens du bien-être du peuple, de la stabilité économique, de la justice sociale et de la promotion du bien commun», a-t-il déclaré.
L’archevêque a encouragé la cohabitation pacifique entre communautés et confessions religieuses. Il demande aux autorités de «continuer à jouer pleinement leur rôle régalien dans la préservation de la liberté religieuse, notamment à travers la sécurité des leaders religieux et des lieux de culte.» Selon lui, pour le bien-être du peuple de Guinée, «il convient de reconnaître qu’il reste encore des efforts à fournir pour améliorer son quotidien.»
L’évêque de Kankan lui emboîte le pas
A la paroisse Notre-Dame des victoires et de la paix de Kankan, en Haute-Guinée, Alexis Aly Tagbino, l’évêque du diocèse Kankan, a présidé la messe lors de la fête. Il souligne que la Guinée «fait face à des problèmes, notamment le manque de liquidité, la dissolution de certains partis politiques et les tensions frontalières avec la Sierra-Leone. Face à cela, l’Église nous invite à ne pas nous décourager. Elle nous appelle à continuer de diffuser des messages de paix et d’espérance partout. Même lorsque la haine et la violence semblent l’emporter, Dieu peut nous ouvrir un chemin de vie. La résurrection du Christ transforme profondément l’histoire de l’humanité. Elle est la réponse de Dieu à la violence des hommes. Le Christ nous invite à sortir de nos tombeaux et à choisir l’amour au lieu de la vengeance, afin de construire un monde plus juste et fraternel.»
Dans les prêches, les chrétiens ont appelé les Guinéens à s’unir pour la paix.
Souleymane Bah

