Dans la commune urbaine de Labé, consommer de la viande devient de plus en plus difficile pour la population, en raison de la hausse significative des prix. Le kilogramme qui se vendait à 50 000 GNF, oscille désormais entre 70 000 et 80 000 GNF. Pourtant, un tarif consensuel de 60 000 GNF était en discussion entre acteurs du secteur et autorités, en attendant le début de la saison pluvieuse. Mais des bouchers ont choisi de passer outre la mesure. Lundi 6 avril, certains d’entre eux ont été interpellés, leurs marchandises saisies. Ils ont été aussi interdits d’exercer pendant 20 jours.

Joint par votre hebdo mardi 7 avril, le président des bouchers, Aboubacar Kanté, est revenu sur les décisions prises et les démarches en cours auprès des autorités locales. Selon lui, la situation a évolué depuis le Ramadan. « Pendant le Ramadan, le prix de la viande tournait autour de 50 000. Après la fête, nous avons tenu une réunion avec les acteurs concernés et, avec l’implication de la commune, nous avons proposé de fixer le prix à 60 000. La décision s’explique par le manque de bœufs et la vie cher », explique Aboubacar Kanté.

Aboubacar Kanté indique que la mesure est prise pour stabiliser le marché. « Nous souhaitons maintenir ce prix de 60 000 pendant trois mois, entre la période actuelle et la saison des pluies. Dès que la situation s’améliorera, nous reviendrons à 50 000 », a-t-il déclaré, précisant que cette proposition reste en attente de validation officielle. « Nous avons adressé des courriers à la commune et au gouvernorat, mais nous n’avons pas encore reçu leur approbation. En attendant, des bouchers ont commencé à vendre à 70 000 ou 80 000, ce que nous avons interdit. Ceux qui ne respectaient pas cette règle ont été suspendus pendant 20 jours et leurs marchandises saisies. » Après le délai de trois mois, enchaîne-t-il, « nous allons les rappeler pour voir s’ils accepteront de revenir à 60 000 GNF le kilo. »

Aboubacar Kanté insiste sur la nécessité d’encadrer les prix pour éviter les abus. « Si les autorités valident ce tarif pour trois mois, nous veillerons à ce qu’aucun boucher ne passe outre. Des discussions sont en cours et nous devons rencontrer la commune pour décider de la suite. » Malgré les critiques, le boucher assume le caractère élevé du prix proposé. « Nous savons que 60 000 le kilo est cher pour la population, mais à 50 000, il n’y aura pas de viande sur le marché, car nous ne pouvons pas nous en sortir. Ce prix est une solution temporaire pour traverser cette période difficile », a-t-il indiqué, tout en invitant les acteurs concernés à la responsabilité collective, pour permettre à Labé d’avoir accès à la viande, durant les trois prochains mois.

Mariama Dalanda Bah