La commune de Kaloum a servi de cadre, mercredi 8 avril, au lancement officiel de la campagne de vulgarisation du Code de l’enfant en Guinée. La cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont les ministres en charge de la Justice et de la Promotion féminine, ainsi que des partenaires techniques et financiers et des représentants de la société civile.

Dans son intervention, la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Patricia Adeline Lama, a rappelé que le texte juridique, adopté en 2019 et promulgué en 2020, constitue un socle essentiel pour la protection des droits des enfants en Guinée. Elle a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de l’existence du cadre légal pour garantir son appropriation et son application effective par tous les acteurs concernés. Elle a ainsi mis en avant le rôle clé des institutions, des communautés et des professionnels dans la mise en œuvre quotidienne de ce dispositif. « Il nous revient de faire vivre cette loi au quotidien, dans nos décisions, dans nos pratiques, dans nos comportements », a-t-elle déclaré, soulignant que le texte représente un véritable bouclier de protection pour tous les enfants, sans distinction.

La représentante de l’UNICEF, Maddalena Bertolotti, a salué les avancées réalisées depuis l’adoption du Code, notamment en matière de renforcement des capacités des acteurs judiciaires et de diffusion du texte à travers le pays. Elle a toutefois insisté sur le fait que l’efficacité d’une loi repose sur sa connaissance et son application par l’ensemble de la société. Évoquant les mutations économiques et sociales en cours en Guinée, elle a alerté sur les risques auxquels les enfants peuvent être exposés, appelant à intégrer pleinement leur protection dans les dynamiques de développement. « La Guinée dispose d’un Code de l’enfant solide […] investir dans la protection de l’enfant, c’est l’avenir du pays ; c’est aussi garantir que la croissance bénéficie à tous, aux enfants les plus vulnérables », a-t-elle affirmé, en mettant en garde contre les dangers liés aux transformations rapides du pays.

Pour sa part, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a réaffirmé l’engagement ferme de son département à assurer une application stricte et équitable de la loi. Il a insisté sur la tolérance zéro face aux violations des droits des enfants et sur la nécessité d’adopter des approches plus humaines et adaptées pour les mineurs en conflit avec la loi. Il a également salué la contribution des partenaires et des acteurs impliqués dans la prise en charge des enfants. « Je veillerai personnellement à ce que l’application de la loi se fasse avec rigueur, humanité et équité. Je le dis avec force : aucune atteinte aux droits de l’enfant ne sera tolérée et aucune violation ne restera impunie. Nous devons également accorder une attention particulière aux enfants en conflit avec la loi ou en contact avec le système judiciaire, en privilégiant des approches respectueuses de leurs droits et favorisant leur réinsertion sociale », a-t-il martelé.

Mariama Dalanda Bah