Déféré au tribunal de première de Dixinn dans l’après-midi du 13 août, Abdourahmane Bella Bah a été immédiatement placé sous mandat et incarcéré à l’Hôtel cinq étoiles de Coronthie. L’activiste est poursuivi pour « diffamation et injures publiques » par le biais d’un système informatique.

Son enlèvement dans son école, par des hommes armés pour la plupart encagoulés, fait les choux gras de la presse et des réseaux sociaux. Abdourahmane Balla Bah, l’acteur de la société civile, le fondateur d’école, a été présenté finalement, après moult rebondissements à un robin.

Tout s’est accéléré après la sortie remarquée du grand imam de Cona-cris, censé être ‘’la victime’’ dans cette affaire. El Hadj Mamadou Saliou Cas-marrant, en plus du pardon prononcé de l’activiste, a demandé aux autorités de libérer ce dernier. Très vite, l’idée d’un déferrement de celui qui était jusque-là porté disparu, a commencé à émerger.

La DCIJ-GN, lieu de ‘’détention de Bella’’

Balla Bah, comme par magie, atterrit devant les magistrats instructeurs du tribunal de Dixinn. Le doyen des juges d’instruction ne tergiverse pas. Il l’inculpe pour « diffamation et injures publiques » par le biais d’un système informatique, le place sous mandat de dépôt. Il attend l’ouverture de son procès le 17 août. Un soulagement, malgré tout, pour sa douce-moitié. Amy Bah compte désormais sur dame Thémis pour retrouver son mari : « C’est évidemment une épreuve très difficile pour notre famille. Nous respectons la justice. Nous faisons confiance à nos avocats pour assurer sa défense. Le procès est prévu lundi [17 août], nous espérons que la vérité pourra être établie. Nous demandons simplement à tous ceux qui nous soutiennent de continuer à prier pour lui et pour notre famille. »

Jusque-là, porté disparu, Bella est réapparu devant le TPI de Dixinn, avec ses avocats et des pandores. Les spéculations allaient bon train sur son lieu de détention : Brigade de recherche de Kipé, Direction centrale de la police judiciaire… Il s’avère que l’activiste n’a connu qu’un seul lieu de détention, du moins si l’on se fie aux déclarations de son épouse, jointe au téléphone le 13 août : « J’ai pu le voir et échanger avec lui aujourd’hui. Il m’a dit qu’il a été conduit directement à la Direction centrale des investigations judiciaires de la gendarmerie nationale (DCIJ-GN) après son arrestation. C’est son seul lieu de détention. » Et précise : « Il se porte bien. Il m’a confirmé n’avoir subi aucune torture, aucun mauvais traitement. Nous remercions Dieu pour ça. »

Les proches de Bella Bah sont soulagés, même si ce dernier est placé sous mandat de dépôt. Le simple fait de connaître son lieu de détention les rend heureux. Ils craignaient qu’il lui arrive ce qu’il est arrivé de par le passé à d’autres activistes : disparaître totalement des radars. La famille se félicite également qu’il n’arrive pas à Bella Bah ce qui est arrivé à Abdoul Sacko ou à Me Mohamed Traoré : « Nous craignions que les jours passent et que le vide s’installe. Nous avions peur qu’il soit bastonné. Nous sommes contents de savoir qu’il est dans les mains de la justice », déclare un proche de l’activiste.

Yacine Diallo