La Guinée est en 2025 le pays d’Afrique subsaharienne qui a attiré le plus d’investissements directs étrangers et le deuxième de toute l’Afrique, derrière l’Égypte. C’est ce que révèle un rapport publié cette semaine par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). En 2025, la Guinée a attiré près de 8 milliards de dollars d’IDE (7,8 milliards exactement), contre 1,4 en 2024.

Si la Guinée a attiré beaucoup plus d’investissements étrangers que ses voisins, c’est surtout grâce au projet de mine de fer de Simandou. Une grande partie des 7,8 milliards de dollars investis dans le pays en 2025, explique Mohamed Camara du cabinet Mocam Consulting, ont en effet été absordés dans la construction de la mine et des infrastructures d’exportation.

« Le gouvernement et les partenaires ont vraiment mis le paquet pour tenir le délai du démarrage des exportations du projet de minerai de fer. Les deux géants, Rio Tinto et Winning consortium Simandou, appuyés par Baowu, ont mis vraiment tous les moyens pour finaliser la première phase du projet, qui consistait à achever le chemin de fer, développer le premier quai, le quai de Winning, qui doit d’ici un an servir les deux compagnies ».

2025 fut donc exceptionnelle en Guinée, mais Mohamed Camara estime que les investissements étrangers devraient se maintenir à un niveau élevé ces prochaines années, grâce à de nombreux projets : par exemple, Rio Tinto est en train de finaliser son quai à Morebayah pour exporter le fer et des sociétés actives dans le secteur de la bauxite continuent d’investir pour augmenter leur production.

La Guinée face à un choix social

La Guinée se retrouve loin devant des pays comme la Côte d’Ivoire (2 milliards d’investissements étrangers) ou le Nigeria (4 milliards). En cause : le boom minier du pays et des investissements toujours soutenus dans la bauxite, le minerai qui sert à fabriquer l’aluminium. L’enjeu pour le gouvernement, désormais, est de convertir cette hausse des investissements en développement éconmique durable et bénéfique pour les populations.

Le gouvernement cherche à éviter le piège de la dépendance aux matières premières au cours volatile, en promouvant les investissements dans la transformation locale des minerais – trois raffineries d’alumine sont en construction, deux autres sont à l’étude -, mais aussi dans d’autres secteurs, comme l’agriculture ou l’hydroélectricité. Un nouveau barrage est en chantier, deux autres sont en projet.

Par RFI