La sécu-raté routière en campagne ne semble pas être la tasse de thé de certains pandores qui extorquent des billets de banque aux chauffards du transport en commun. De Cona-cris à Pita, ils ne contrôlent ni identité de passagers ni bagages des teufteufs.
Sur les axes Coyah-Kinida-Mamou et Mamou-Dalaba-Pita, les pandores déployés au niveau des barrages de contrôle ne se gênent poing de se remplir les poches. Ils se cachent derrière la « levée de barrage », au lieu de veiller au respect des règles et de la sécurité routière en zones interurbaines. Pas moins d’une dizaine de chèques-points euh checkpoints entre Cona-cris et Pita. Ils soutirent des billets de banque aux chauffards de teufteufs de transport en commun, à chaque barrage. Les véhicules de l’administration immatriculés VA ou IT ainsi que les camions-citernes sont apparemment exempts de la morsure qui enrage plus d’un transporteur interurbain.
À chaque levée de barrage, le conducteur débourse 5 000 francs glissants qu’il tend aux contrôleurs. L’«extorsion» a été dénoncée récemment par un mouvement de protestation des chauffards, entraînant l’immobilisation des tacots de transport en commun. Seulement voilà, la crève n’a pas encore porté ses fruits. Les pandores ont plutôt monté les enchères, en doublant le montant qui passe désormais à 10 000 francs glissants.
La gendarmerie routière appelée autrement aussi brigade mobile, dont la vocation principale est de faire des patrouilles pour s’assurer du respect des règles de la circulation routière, est plutôt immobile. Dans les barrages de contrôle de Cona-cris à Pita, ses agents ne contrôlent ni l’identité des passagers ni les bagages encore moins les pièces des véhicules. Prendre 10 000 francs glissants à chaque taxi suffit pour passer au contrôle, sans même présenter le permis de conduire.
Lors d’une virée Cona-cris-Pita la semaine dernière, c’est au niveau d’un seul barrage (sur les dix que nous avons comptés) qu’un pandore a salué les passagers, avant de tendre la main au chauffeur. Dans tous les autres checkpoints, les agents tendent la main, prennent l’argent, avant de céder le passage. Le checkpoint de Kaaka dans la préfecture de Coyah, à l’entrée de Cona-cris, autrefois redouté par les passagers et chauffards à cause de la fouille systématique, a lâché prise. Ses contrôleurs ne fouillent plus les véhicules et n’exigent même plus la présentation de la pièce d’identité aux voyageurs, ni à la sortie ni à l’entrée.
Trafic d’influence ?
Le 15 septembre en route pour Pita, on voyageait avec un sergent-chef (pandore) installé au siège-avant. L’agent, en civil, a recouru à son statut de corps armé pour influencer ou plutôt éviter au chauffard de s’acquitter des 10 000 francs glissants au niveau des multiples barrages de contrôle. L’agent rentrait à Mali, pour reprendre service après un repos à Cona-cris. Il a dû s’expliquer au bureau d’un checkpoint vers Dalaba, pour justifier son interposition en faveur de l’apprenti-chauffard, chopé alors qu’il était perché sur le toit du taxi. L’infraction a provoqué le courroux des pandores, mais qui ont finalement « pardonné ». Tout s’est arrangé, sans anicroche. Sourire aux lèvres du chauffard qui a crié sur son apprenti qu’il reproche de n’avoir poing respecté ses consignes : descendre, avant chaque checkpoint.
Nids d’éléphant, boue, panne…
La route nationale (RN-5) Mamou-Labé est en reconstruction depuis plusieurs mois, mais les travaux traînent surtout entre Dalaba et Pita. Un véritable parcours de combattant pour les voyageurs. Les nids d’éléphants, la boue, les déviations éreintent les usagers et entraînent surtout une surconsommation de car-brûlant, des pannes des teufteufs, particulièrement des gros porteurs chargés de marchandises. L’incivisme, l’irrespect du code de la route au niveau des déviations, souvent restreintes, créent régulièrement des bouchons. La boue, elle aussi, apporte son lot de difficultés. Les camions pataugent en maints endroits de l’axe routier. Ils s’en tirent à bon compte, après de gros efforts.
Cependant, les travaux sur l’axe Mamou-Dalaba avancent. Plusieurs buses en béton ont été construites, mais les ponts se font désirer.
Les travaux de la reconstruction de la route nationale RN-5, longue de 135 km, ont été lancés en novembre 2025, par le Premier ministre Amadeus Oury Bah à Garambé, buisson de Labé. La route est répartie en trois lots, avec trois entreprises, pour un délai de 30 mois. Mais à l’allure où vont certains travaux, la faim du calvaire pour les usagers n’est pas pour demain.
Yaya Doumbouya,
Envoyé partial

