Le dossier opposant Mohamed Diané à l’État guinéen a connu son épilogue, le 15 octobre, devant la Cour de répression des infractions économiques et financières, Crief. L’ex-tout puissant ministre de la Dépense d’Alpha Grimpeur voit la Chambre des appels réduire sa peine.
La Chambre de jugement de la Crief avait condamné le Diané du RPG arc-en-ciel dissous en première instance, à 5 ans d’emprisonnement, pour « détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux». Le ponte du Rpg arc-en-ciel avait aussi été condamné aux paiements de 5 milliards de francs glissants d’amende, de 500 milliards de francs glissants de dommages et intérêts. Des biens immobiliers, à Cona-cris, Forécariah, Kouriah et Kankan, ainsi que de comptes bancaires qui lui sont attribués, ont été confisqués. C’est contre ces décisions que le prévenu avait interjeté appel. Mohamed Diané, qui avait gardé le silence pendant le procès en instance, a estimé qu’il a été condamné en « violation du Code pénal » et qu’aucune preuve matérielle n’a pu étayer les accusations de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.
Dans sa décision de ce 15 octobre, le juge Daye Mara a infirmé partiellement le jugement rendu par la Chambre de jugement. Il condamne Mohamed Diané à 4 ans et 8 mois de prison, 3 milliards de francs glissants d’amende et à 300 milliards de francs glissants, comme dommages et intérêts, pour « Enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. » Daye Mara estime que les débats et l’exploitation des pièces versées au dossier ont démontré un écart « considérable » entre ce que le prévenu gagnait pendant qu’il était en fonction et le « riche patrimoine », mobilier et immobilier, qu’il s’est constitué. Selon lui, le prévenu n’a pu justifier son enrichissement.
Pour ce qui est de l’infraction « blanchiment des capitaux », le juge déclare que les premiers juges ont « fait une bonne application de la loi. »
Daye Mara renvoie cependant Mohamed Diané des fins de la poursuite. Il justifie sa décision par le fait, selon lui, que l’accusation ne reposait sur le « simple écart entre les montants alloués au ministère de la Défense et ceux dépensés », mais aussi du fait que Mohamed Diané, en tant que ministre, ait passé un contrat de fournitures de véhicules Toyota avec le Groupe Djoma, en faveur du mystère de la Dépense : « Les premiers juges n’ont pas démontré la matérialité de l’infraction. »
Il faut noter que la Cour a confirmé la confiscation, au profit de l’État de guinéen, de plusieurs biens mobiliers et immobiliers du prévenu à Cona-cris et à…Cancan.
Yacine Diallo

