Le 15 octobre, le corps sans vie d’une femme a été découvert sous un dalot préfabriqué, dans une ancienne ferme, non loin du marché de Kaporo-Rails, dans la commune de Ratoma. L’identité de la victime n’a pas été révélée. La découverte suscite inquiétude et angoisse chez des riverains mais également chez les responsables du quartier.

Après la découverte du corps, la police technique et scientifique, les agents du commissariat central de Kaporo-Rails et la protection civile se sont mobilisés pour transférer le corps à la morgue du CHU Donka, pour des fins d’enquêtes.

Colonel Mohamed N’Diaye, responsable de la Police technique et scientifique, dit avoir constaté la présence de plusieurs installations de fortune dans l’ancienne ferme : « Nous voyons une situation alarmante. Mais l’endroit a été déguerpi. Il y avait des cabanes de fortune partout ici. Je ne sais pas comment une personne peut avoir le courage et l’assurance de dormir sous une dalle. Ils y passent la nuit, alors que c’est fermé, il y a même des barricades. C’est plus que choquant cette situation ». Colonel N’Diaye précise que l’identité de la victime n’est pas connue : « D’après l’administratrice du marché et le chef de secteur, il s’agit d’une léonaise non identifiée. Personne ne la connaît d’ailleurs dans la zone. Il semblerait que c’est l’une de ces personnes qui fréquentent cet endroit. Ils viennent ici pour leurs sales besognes, consommer la drogue communément appelée « kush » et y trouver refuge. »

L’ambassade de Sierra-Leone appelée à la rescousse ?

À en croire le colonel N’Diaye, des démarches ont été engagées auprès du procureur de la République pour, notamment contacter l’ambassade de Sierra-Leone pour pouvoir identifier la victime : « L’ambassade de la Sierra Leone est informée du cas. La victime n’a aucune pièce d’identité ou carte consulaire nous permettant de l’identifier, même si l’ambassade ne prend pas en charge l’affaire, elle est avisée. Le procureur nous a autorisé à envoyer le corps à la médecine légale. Les résultats sont attendus. »

Le responsable de la Police technique exhorte les responsables du quartier à empêcher les occupations clandestines du coin : « Il faut une implication directe du chef du quartier. Il doit mettre des tampons, faire des patrouilles pour empêcher ces consommateurs de stupéfiants d’occuper ce lieu. Cette femme est décédée sous une dalle. Si on te dit qu’une personne peut passer la nuit ici, tu ne peux pas croire. Pourtant, regardez, partout, il y a des lits, il y a des matelas. C’est inimaginable. »

Hadja Damaé Camara, administratrice du marché de Kaporo, se dit inquiète face à la situation qui prévaut dans sa zone : « Nous ne la connaissons pas ici. Nous sommes très inquiets face à cette situation. Nous avons tout fait pour déguerpir ces personnes, impossible. Ils sont très nombreux. Nous sollicitons l’implication des autorités, pour que ces occupants quittent cet endroit… »

Le cri de cœur des riverains

Les riverains disent en avoir assez de cette occupation anarchique avec son lot de faits repréhensibles : consommation de stupéfiants, dépôts d’ordures, insécurité, les plaintes ne manquent pas : « Nous souffrons extrêmement avec ces gens. Ils passent leur temps à consommer des stupéfiants. Ils jettent les ordures partout. Quand nous avons le malheur de leur faire de reproches, ils nous insultent. Quand elle est décédée, on nous a appelés, on a mis des gants pour la sortir du trou dans lequel elle se trouvait. Les autorités n’ont qu’à nous venir en aide », appelle Djenabou Diallo.

Même son de cloche chez cette autre riveraine expliquant que la victime était dénudée : « Quelqu’un nous a dit qu’elle se tordait de douleur et qu’elle vomissait. Nous nous sommes dit qu’il fallait venir voir. Comme elle était nue, pour nous, il était légitime de la couvrir afin de protéger son intimité », explique M’Mahawa Camara, qui déplore la dégradation de l’environnement et l’insécurité dans la zone : « Ils sont là, personne ne connaît leur provenance. Ils ont détruit ce lieu. Des fois, même pour passer ici, tu as peur. Tu as peur qu’on ne te confonde avec eux ».

Le maire-adjoint de la commune de Ratoma, a, à son tour, déploré les conditions dans lesquelles le corps a été découvert. Souleymane Diallo annonce des mesures pour renforcer la sécurité sur le site. « C’est très alarmant de venir trouver des personnes qui se couchent sous des dalles. C’est pitoyable, on ne pouvait pas imaginer cela. Nous allons prendre des mesures idoines, afin de fermer le site. »

Kadiatou Diallo