L’affaire du meurtre d’Aïcha Sacko, 25 ans, à Friguiagbé, dans la préfecture de Kindia, connaît un rebondissement. Le suspect, Salif Camara, a été présenté à la presse le 21 octobre, par la Brigade de recherche de Kindia.

Le suspect reconnaît être l’auteur des faits. Il affirme avoir entretenu une relation amoureuse avec la défunte pendant plusieurs années, et justifie son acte par des soupçons d’infidélité : « Aïcha Sacko était mon amante pendant des années. Après avoir soupçonné qu’elle entretenait une relation amoureuse avec un autre homme, sous l’effet de la colère et de la jalousie, je suis entré dans sa boutique où elle vendait et je l’ai poignardée », a-t-il dit devant la presse.

À l’issue de sa présentation, la Brigade de recherche a ensuite mis Salif Camara à la disposition du Tribunal de première instance de Kindia, pour la suite de la procédure.

Face aux journalistes, le capitaine André Kékoura Tinguiano, commandant de la Brigade de recherche de Kindia, est revenu sur les circonstances du drame. «Mlle Aïcha Sacko était une commerçante. Elle vendait des produits d’alimentation générale dans sa boutique où ce malheureux incident s’est produit. Les premières investigations ont révélé que la victime bénéficiait régulièrement de l’appui de Salif Camara dans ses activités commerciales. Ce qui témoigne de leur collaboration. Au cours de son audition, le mis en cause a reconnu les faits qui lui sont reprochés et déclaré qu’il était le petit ami de la victime depuis longtemps. Après avoir longtemps soupçonné sa concubine d’entretenir également une relation avec un certain CIA, il aurait agi sous l’effet de la colère et de la jalousie. Il se serait introduit dans la boutique et, à l’aide d’un couteau, aurait poignardé à plusieurs reprises Mlle Aïcha Sacko, qui a succombé à ses blessures. L’enquête menée dans le cadre de cette affaire nous a permis de réunir contre M. Salif Camara des indices laissant présumer son implication dans les faits d’assassinat, prévus et réprimés par l’article 208 du Code pénal guinéen.»

Aveux du suspect

Salif Camara a, à son tour, livré sa version des faits et reconnu être l’auteur des coups de couteau mortels de Mlle Aïcha Sacko. « Je revendais des marchandises pour Aïcha. C’est elle qui m’avait donné de l’argent pour vendre du gasoil et de l’essence. Lorsqu’elle partait au marché pour faire ses achats, elle me confiait la boutique. À son retour, je lui remettais l’argent provenant des ventes. C’est ainsi que nous avons tissé de bonnes relations, jusqu’à ce qu’elle me confie la gestion complète de la boutique, notamment les achats et les ventes. C’est également dans ce contexte qu’elle est entrée en contact avec un homme plus âgé que nous appelions CIA. Le jour du crime, vers minuit, elle m’a demandé d’aller lui acheter à manger. À mon retour, je l’ai trouvée devant la boutique avec CIA. Je me suis alors arrêté derrière la boutique. Ensuite, ils sont entrés dans la boutique et y sont restés assez longtemps avant que l’homme ne reparte. »

Aïcha Keita

Selon Salif Camara, il n’aurait pas pu digérer sa déception : « Je lui ai dit : ‘’Aïcha, tu ne m’avais pas dit qu’il n’y avait rien entre CIA et toi ?’’ Elle s’est énervée et m’a beaucoup crié dessus. Je me suis également énervé et je l’ai attrapée. Elle a alors pris un couteau pour me poignarder. J’ai retourné le couteau contre elle et je l’ai poignardée. Elle a pris un deuxième couteau et j’ai de nouveau retourné le couteau contre elle. Quelques minutes plus tard, elle s’est couchée et ne respirait plus. C’est moi qui l’ai poignardée. C’était ma petite amie. Après son décès, j’ai regretté mon acte et je l’ai couverte. Les faits se sont produits vers 1h du matin et je suis resté auprès de son corps jusqu’au matin, lorsque les forces de sécurité sont venues frapper à la porte. »

Dans la matinée du 19 octobre, le corps sans vie d’Aïcha Sacko, commerçante de 25 ans, a été retrouvé dans sa boutique à Friguiagbé, dans la préfecture de Kindia.

Kadiatou Diallo