Le 7 octobre, le gouvernement a accordé un moratoire de six mois aux industriels pour la production des sachets plastiques pour l’eau minérale et minéralisée. Le 8 octobre, l’Union des producteurs de l’eau minérale de Guinée (UPEMG) promet de respecter la décision. Son président Souleymane Fofana demande aux fabricants de vider les stocks d’ici la fin du délai.

Après l’entrée en vigueur le 20 septembre de l’interdiction de l’importation, de la production et de la commercialisation des plastiques à usage unique en Guinée, le gouvernement est revenu sur sa décision. Il a accordé un délai de six mois uniquement pour les sachets plastiques de l’eau minérale. Le rétropédalage intervient alors qu’il y a une crise d’eau minérale en sachets, partout à Conakry.

Lors d’une conférence de presse ce 8 octobre à la Maison des journalistes, le président de l’UPEMG dit avoir négocié avec les autorités sur le moratoire de 6 mois. Après avoir obtenu gain de cause, il a remercié le Président de la République ainsi que les parties prenantes ayant abouti à « cette décision majeure. » Mais, dit-il, « l’obtention de ce délai moratoire n’est pas une fin en soi, c’est un défi majeur lancé à l’ensemble de la nation », estime Souleymane Fofana. Il martèle : « Aux fournisseurs, importateurs et commerçants, il est impératif d’écouler progressivement les stocks existants, tout en arrêtant toute nouvelle commande de produits plastiques non conforme à la loi ».

Selon l’Union, la réussite de l’interdiction repose sur le civisme et l’engagement de chacun. « Nous devrions adapter dès maintenant, les réflexes du tri à la source et renoncer à l’usage des plastiques jetables ou [non réutilisables]. »

Souleymane Fofana indique que le moratoire doit être mis à profit, pour structurer une chaîne de valeur complexe : collecte, triage et transformation industrielle des déchets plastiques à usage unique. « Il ne s’agit plus seulement d’assainir, mais de créer des emplois verts et d’alimenter une économie circulaire durable ».

Respect des prix

M’Bany Sidibé, président de l’Union des consommateurs de Guinée, a participé à la conférence. « Nous appelons aux acteurs de l’eau minérale à ne pas faire de la spéculation ni de l’augmentation des prix durant cette période, le prix du sachet d’eau de [33 à 40 cl] doit rester à 500 fg ». Il insiste à ce que le prix fixé par les autorités concernant les bouteilles d’eau soit respecté. « La qualité et la quantité doivent être respectées », a clamé M’Bany. « J’appelle aux entreprises des eaux minérales de tenir compte de la sécurité sanitaire des consommateurs. » M’Bany estime que l’Union ne doit pas accepter la vente d’eau de mauvaise qualité. Reste à savoir si le service d’hygiène et de qualité va se bouger et sévir les récalcitrants.

Souleymane Bah