Le 9 octobre, le ministre de la Justice et des droits de l’Homme était l’hôte de marquée de Kankan, dans le cadre de l’évaluation du fonctionnement du système judiciaire. Lors d’une causerie avec des acteurs de la justice et le populo, Ibrahima Sory 2 Tounkara a dénoncé la lenteur dans le traitement les procédures judiciaires. Il a promis de punir.

Sur sa page Facebook, le département de la Justice et des droits de l’Homme explique la mission d’Ibrahima Sory 2 Tounkara à Kankan par la volonté d’évaluer les « conditions de fonctionnement des juridictions, l’examen de l’état des infrastructures pénitentiaires et l’écoute des différents acteurs de la chaîne judiciaire et pénitentiaire ». Face aux acteurs de la chaîne judiciaire, Ibrahima Sory 2 Tounkara a pesté contre les retards des décisions judiciaires qui, faute d’être disponibles en trois jours, prennent des semaines voire plus : « Mais nous savons que cela peut faire des mois, des années sans que les parties n’aient leurs décisions. Cela est anormal. Nous allons commencer à sévir et je ne vais pas m’empêcher de le faire. Il faut que cela cesse, qu’on aille avec les bonnes habitudes », rapporte l’Agence guinéenne de presse, AGP.

Hormis la lenteur, le ministre dénonce aussi ce qu’il appelle « les frais excessifs de transport judicaires ». Le ministre prévient les magistrats. « Des fois, il y a des goulots d’étranglement créés par les magistrats, je parle des frais de transports judiciaires. Ils sont fixés de façon exagérée. Par exemple, nous ne pouvons pas fixer un frais pour 500 mètres et demander 5 millions de francs guinéens à un pauvre justiciable. C’est anormal, il faut que cela cesse. » Il promet de mettre fin à la pratique, à Kankan tout comme dans les autres juridictions du bled.

Le ministre de la Justice évoque aussi « les arnaques autour des frais » d’actes délivrés par les tribunaux, notamment : les casiers judiciaires, les certificats de nationalité, de décès, les jugements supplétifs. Ibrahima Sory 2 Tounkara rappelle que les frais de ces docs sont fixés par arrêté conjoint des ministères de la Justice ainsi que celui de l’Économie et des Finances : « Il faut que les prix soient affichés aux différents endroits visibles du tribunal, afin que les demandeurs sachent effectivement les prix. »

Souleymane Bah