Deux attaques à main armée survenues dans la nuit du 13 octobre à Figna et à Boukaria, dans la préfecture de Siguiri, ont fait un mort et deux blessés. Le premier incident, marqué par des tirs d’hommes présumés déguisés en policiers, a coûté la vie à un cultivateur de 28 ans. Le second a visé un orpailleur agressé à l’arme blanche. Face à la situation, le docteur Abdoulaye Bachir Condé, médecin légiste à l’hôpital préfectoral de Siguiri, appelle à un renforcement de la vigilance citoyenne.
La préfecture de Siguiri a été le théâtre de deux agressions dans la nuit du mardi 13 octobre. À Boukaria et à Figna. Le bilan fait état d’un mort et de deux blessés. Selon les informations rapportées par le docteur Abdoulaye Bachir Condé, médecin légiste à l’hôpital préfectoral de Siguiri, les circonstances de ces incidents soulèvent des inquiétudes quant à la sécurité des populations.
Selon lui, la première attaque s’est produite sur la route de Figna, où des individus armés auraient ouvert le feu sur un véhicule transportant des passagers. La seconde s’est déroulée à Boukaria, où un orpailleur a été agressé par un groupe d’hommes armés de coupe-coupe.
D’après le récit du médecin légiste, les faits se sont déroulés alors que des personnes circulaient à bord d’un véhicule en direction de leur village, à Siguiri. Après avoir dépassé le grand rond-point de Cétéguia, elles ont aperçu quatre individus, dont trois portaient, selon des informations, des uniformes policières, tandis que le quatrième était en civil.
Les individus auraient demandé au chauffeur de s’arrêter. Face à l’incompréhension de ce dernier, ils auraient ouvert le feu sur le véhicule. Deux personnes ont été atteintes par les tirs, tandis que le chauffeur a réussi à prendre la poudre d’escampette.
La première victime, Mamadou Sidibé, 28 ans, cultivateur résidant à Figna. Marié à deux femmes et père de sept enfants, il a succombé à une plaie balistique transfixiante du thorax, compliquée d’un choc hémorragique.
La deuxième victime, Ibrahima Diakité, 63 ans, est également cultivateur et réside à Figna. Marié à deux femmes et père de dix enfants, il a lui aussi été atteint au thorax par un projectile.
Admis au service des urgences de l’hôpital de Siguiri, il a bénéficié d’une réanimation avant d’être transféré au service de chirurgie, où il a été opéré avec succès, rassure le médecin. « Pour le moment, son état est rassurant : il est hors de danger, il parle et tout va bien », a-t-il indiqué.
Boukaria : un orpailleur blessé à la main
La deuxième attaque a été signalée à Boukaria. Selon les informations communiquées par le médecin légiste, la victime, Sidy Fofana, 41 ans, attendait un ami après le travail. Il a été confronté à un groupe de quatre ou cinq individus armés de coupe-coupe.
Les assaillants lui auraient ordonné de leur remettre sa moto. Alors qu’il regardait dans une autre direction, ils auraient tenté de lui porter un coup à la tête. Pour se protéger, il a levé la main droite, qui a été gravement blessée par la lame.
Sidy Fofana est un orpailleur résidant à Fatoya. Il a reçu les premiers soins au service des urgences avant d’être transféré au service de traumatologie de Kankan pour une prise en charge spécialisée. Le diagnostic fait état d’une plaie traumatique de la main droite causée par une arme blanche. Il est marié à une femme et père de trois enfants.
Un appel à la vigilance
Face à la multiplication de ces actes d’insécurité, le médecin légiste invite les citoyens à redoubler de vigilance. Il insiste particulièrement sur le rôle des responsables locaux : présidents de districts et responsables des zones, dans la surveillance de leurs localités. « Il faut essayer d’abord de renforcer la vigilance. Surtout les présidents des districts et les présidents des zones qui doivent assurer cette surveillance. Sinon, nous risquons de basculer dans une situation qui n’est pas normale et qui n’est pas bonne pour la population », a-t-il averti.
Le médecin a rappelé que la lutte contre l’insécurité ne peut reposer uniquement sur les forces de défense et de sécurité. Selon lui, la collaboration entre les citoyens et les agents chargés de maintenir l’ordre est indispensable pour prévenir les agressions et contribuer à la sécurité collective. « J’ai l’habitude de vous dire qu’il n’y a pas de bons policiers ni de bons gendarmes sans de bons citoyens. Dès que les citoyens sont efficaces, tout peut entrer dans l’ordre », a-t-il conclu.
Ces deux attaques relancent ainsi les préoccupations liées à la sécurité des personnes et de leurs biens dans la préfecture de Siguiri, où le renforcement de la vigilance communautaire apparaît comme un enjeu majeur.
Mariama Dalanda Bah

