Après deux mois de gnouf, Aliou Bah, le leader du Mouvement démocratique libéral (MoDeL) va comparaître en appel le 26 mars devant la Cour d’appel de Cona-cris. Ses avocats (sans vinaigrette) et son parti espèrent le revoir libre à l’issue du procès.
Aliou Bah était une des dernières voix critiques au Comité national du rassemblement pour le développement. Sans surprise, il est cueilli en décembre 2024 à la frontière sierra léonaise. Ecroué à l’Hôtel cinq étoiles de Coronthie, le boss du MoDeL écope, le 7 janvier, deux ans de taule pour « offense au chef de l’État.»
Dare-dare, ses avocats (sans vinaigrette) interjettent appel, mais la procédure en vue d’un procès en deuxième instance traîne, au grand dam du détenu. Pendant que sa défense dénonçait la lenteur de la procédure, le MoDel organisait des sit-in au sein de son siège, en guise de protestation contre la condamnation de leur boss.
Le 19 mars, l’espoir renaît chez les uns et les autres. Me Pépé Antoine Lama, avocat (sans vinaigrette) du leader poétique, annonce l’ouverture du procès de son client pour le 26 mars, à la Cour d’appel de Cona-cris. A la suite de son courrier du 16 mars adressé au pro-crieur général de la juridiction sollicitant la tenue du procès d’Aliou Bah. « Un exploit d’huissier a été remis à Monsieur Aliou Bah, pour l’audience du mercredi 26 mars 2025. Notre courrier a prospéré », s’est réjoui-t-il.
Mamadou Keinda Sow, le secrétaire gérant du MoDel, avoue qu’il attendait depuis un bout de temps le procès en appel de son boss. « Nous espérions la tenue du procès en appel dès après la condamnation de M. Bah en première instance. Mais, cela n’a pas eu lieu vu la lenteur de la justice guinéenne.» Et d’estimer que son boss est « injustement détenu » et que le procès à la Cour d’Appel est une opportunité pour la justice guinée-haine de dire désormais que le droit. « Il faut rétablir Aliou Bah dans ses droits, c’est-à-dire le libérer purement et simplement. Si la justice s’accentue sur les faits, cela va de soi qu’il sera libéré.»
Vers une peine réduite ?
En janvier dernier, sur RFI, Ousmane Gawa Diallo, le ministre des Transports et porte-voix du goubernement, avait insinué une amélioration de peine en faveur du détenu. « C’est une procédure judiciaire qui est en cours. J’ose espérer qu’ils seront plus cléments à l’étape suivante. Cela va amener à développer des discours plus apaisants pour faire en sorte que le vivre-ensemble soit quelque chose d’important pour chaque acteur.»
Pour Mamadou Keinda Sow, les propos du porte-voix du goubernement n’engagent que lui. Même s’il y a eu d’erreurs, poursuit Sow, la justice guinée-haine doit rester indépendante. « Ce n’est pas au porte-parole de dire à la justice ce qu’elle doit faire ».
Malgré la détention d’Aliou Bah, le secrétaire gérant du MoDel, jure, la main sur le palpitant, que le parti ne renoncera pas pour autant à la lutte pour la défense des valeurs démocratiques. « Nous allons continuer à dénoncer, il ne faudrait pas que des gens piétinent nos acquis démocratiques. Nous allons, dans les règles de l’art, mener le combat », s’engage le MoDel.
Yaya Doumbouya