Sous une fine pluie le 31 juillet, le Premier ministre, Amadeus Oury Bah et son équipe ont fait un saut à la décharge de Dar-Es-Salam, pour s’enquérir des conditions de vie des riverains. La visite intervient après des jours de protestation des riverains, qui réclament la délocalisation du dépotoir, devenu un véritable problème de santé publique.
Amadeus Oury Bah a annoncé qu’une discussion est entamée sur la faisabilité d’un projet de délocalisation du site dans un bref délai. Depuis deux ans, dit-il, la volonté du chef de l’État est de voir la décharge de Dar-Es-Salam fermée, mais « sa concrétisation s’est fait attendre. On a eu plusieurs réunions et discussions, mais ce n’est toujours pas fait », regrette le PM. L’urgence, selon lui, serait d’appliquer « les instructions » de Mamadi Doum-bouillant.

Des mesures urgentes
Au regard des risques d’inondations et d’éboulements en cette saison des grandes pluies, Amadeus Oury Bah affirme que la priorité est la sécurisation des riverains de la décharge. « Avec cette forte saison des pluies, avec des inondations, ce qui est urgent et ce que j’ai demandé au président de la délégation spéciale, au quartier et à l’ANSP, c’est de nous indiquer les zones de risque au cas où il y aurait eu éboulement, parce que dans la phase actuelle, à tout moment, avec ces pluies, il faut s’attendre à ce qu’il y ait des éboulements. Donc, il faut prévenir », lance-t-il devant la foule, avant de d’étaler quelques mesures urgentes. « Dans l’immédiat, d’ici lundi prochain (4 août Ndlr), j’aurai les rapports et des propositions pour que des mesures effectives soient prises le plus rapidement possible, pour sécuriser les habitations les plus proches de la décharge ».

De la fermeture de la décharge
Le gouvernement, au-delà des morsures urgentes s’engage, pour le long terme, à fermer définitivement le site ainsi que l’assainissement de la ville, souligne le PM.« Des études ont été menées par des structures comme Artelia et d’autres, pour envisager la fermeture de la décharge. Nous allons les réunir rapidement, afin qu’elles poursuivent leur travail, pour évaluer les besoins financiers et déterminer les actions que le gouvernement devra entreprendre pour fermer cette décharge au plus vite ». Précisant que le défi de l’assainissement de la ville de Cona-cris reste l’une des préoccupations majeures de son gouvernement. « Une réunion est prévue la semaine prochaine avec les ministères concernés et des responsables du secteur privé performant pour mettre en place un système de gestion des déchets modernes et structurés. Il ne s’agira pas simplement de collecter et de jeter quelque part les ordures, mais de mettre en place un système structuré, c’est-à-dire la collecte, le transit, le triet la transformation. Certains déchets seront transformés en engrais, d’autres en énergie, et certains seront enfouis. C’est ce processus que nous voulons, pas d’un système où l’on collecte pour aller simplement déverser ailleurs. Ce processus, bien que nécessitant une procédure complète, sera engagé dans les meilleurs délais ».

Création d’emplois
La fermeture de la décharge et la mise en place d’un nouveau système de gestion des déchets ne seront pas sans conséquences pour les riverains dont certains dépendent de l’activité du site. Amadeus Oury Bah promet des opportunités. « Je sais que certaines personnes vivent autour de ces activités de la décharge, mais qu’elles sachent que derrière une collecte organisée et un bon assainissement, des milliers d’emplois seront créés dans les quartiers. Nous organiserons cela pour que la gestion des déchets, leur collecte comme leur traitement soit sources d’emplois, notamment pour les jeunes, dans tous les quartiers de la capitale. La transformation des déchets permettra d’avoir une capitale propre, une ville où les habitants seront en bonne santé, avec moins de risques », a promis Amadeus Oury Bah.
Kadiatou Diallo