En conférence de presse le 31 juillet à Conakry, le ministre des Sports, Kéamou Bogola Haba a salué les performances de l’équipe guinéenne de mini-football, qualifiée pour la Coupe du monde 2027. Il s’est réjoui de l’attribution de l’organisation de la 5ᵉ édition de la CAN de mini-football à la Guinée. Le ministre a durci le ton à l’égard des joueurs des équipes nationales réclamant leurs primes de match ou de qualification avant même de disputer les compétitions. Il a appelé ces derniers à faire preuve de plus de patriotisme.
Dans les locaux de son département, Kéamou Bogola Haba a tenu un discours sans détour devant les responsables de la Confédération africaine de Mini-Football. Face aux difficultés récurrentes qui freinent la progression des sélections nationales, il a évoqué un problème bien connu : celui des primes constamment réclamées par les joueurs.
Avant de s’envoler pour l’Ouganda le 31 juillet, le Syli cadet préparait le Championnat d’Afrique des nations à Douala, au Cameroun. Des indiscrétions font état de revendications de primes par les joueurs à quelques jours du coup d’envoi de la compétition. Toute chose qui aurait poussé le ministre à hausser le ton. « S’ils ne veulent pas jouer sans prime, ils peuvent rentrer. Le mot prime, on ne veut plus l’entendre avant les performances sur le terrain », a martelé Kéamou Bogola Haba. Un message clair adressé d’abord au Syli local, mais valable à tous les autres athlètes guinéens de toutes disciplines confondues.
L’honneur avant tout
Avec les équipes sportives guinéennes, le problème des primes n’est pas nouveau. Du football au Basketball et autres disciplines, le paiement tardif ou la gestion désordonnée des allocations représente un défi pour le département des Scores. Pour pallier le problème, le ministre dit avoir envisagé des solutions encore à l’étude, notamment les virements bancaires pour assainir le système.
Toutefois, Bogola Haba se dit lassé du comportement de certains athlètes, qu’il qualifie de « peu reconnaissants ». Il envisage même des mesures radicales : « Nous avons 14 clubs en Ligue 1, autant en Ligue 2. Le réservoir de talents est immense. Si parmi les 23 joueurs convoqués, certains refusent de jouer sans prime, ils seront remplacés. Il y a d’autres jeunes prêts à se battre pour l’honneur du pays. »

Pour le ministre, être sélectionné en équipe nationale doit avant tout être perçu comme une fierté, non comme une opportunité financière. Il a invité les joueurs à plus de patriotisme et de professionnalisme : « Le simple fait d’être sélectionné est un privilège. Passeport, billet d’avion, hébergement en hôtel de haut standing, restauration… Tout cela est pris en charge par l’État. La prime vient ensuite, en récompense de l’effort fourni », a-t-il expliqué.
La CAN mini-football, l’exemple
Le ministre a salué l’attitude « exemplaire » de la sélection nationale de mini-football qui a participé à la 4ᵉ édition de la CAN du 14 au 25 juillet dernier à Derna (Libye). « C’est la première fois que j’envoie une équipe à une CAN qui ne réclame pas de prime avant de jouer. Ils n’ont pas demandé de prime de qualification. Leur priorité, c’était de défendre les couleurs nationales. Même leur ordre de mission a été signé après leur départ. Nous allons bien entendu les régulariser, conformément au circuit administratif. Voilà le comportement qu’on attend de tous les sportifs guinéens », a-t-il conclu.
À cause de la performance du Syli mini-football en Libye, le président de la Confédération africaine de cette discipline séjourne en Guinée depuis quelques jours. Après une visite de terrain, le Confédération a décidé d’octroyer l’organisation de la CAN-2027 à la Guinée qui postule également pour abriter le siège africain de cette discipline, pour les dix prochaines années.
Abdoulaye Pellel Bah