Dans la région administrative de Mamou, au quartier Abattoir 2, des clôtures d’habitations situées dans des zones appartenant à l’Etat ont été démolies le 5 janvier par des agents du Bataillon autonome de Mamou (BAM). Une opération de déguerpissement dénoncé par les occupants des lieux qui crient à l’injustice.
En début de semaine, une opération de déguerpissement a été lancée au centre-ville de Mamou. Plusieurs clôtures de concessions avoisinantes du camp de Bataillon autonome de Mamou, ont été démolies par des fantassins. L’opération aurait été menée pour agrandir la clôture du BAM où des particuliers auraient « illégalement» construit sur la zone.
Dans la matinée du lundi 5 janvier, des bidasses ont fait irruption devant les maisons des habitants. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des murs affaissés, de maisons décoiffées.
L’une des victimes du nom de Souleymane, a décrit les fantassins venus pour casser. « Ce sont des militaires qui sont venus, marteaux et pioches en main, ils ont cassé les murs de nos clôtures, démonté les portails.» Il a juré que les soldats n’ont averti personne de leur arrivée ni de leur intention. « Nous n’avons pas été alertés et eux, ne parlaient à personne. Seul leur commandant nous a dit qu’ils ne délogent personne.» Il ajoute que toutes les habitations figureront désormais au sein de la clôture du camp.
Selon Kadiatou Sylla, son père a construit leur maison et y vit depuis plus 40 ans. Elle soutient que ce sont les bruits des casses qui ont attiré l’attention des habitants qui n’avaient jamais été inquiété par une telle opération auparavant. « C’est ma maman qui m’a appelé pour m’informer de cette casse. Une fois sur place, j’ai trouvé des agents en train de démolir les cours. Le chef du quartier était venu nous consoler.» Kadiatou Sylla appel à l’aide : « nous demandons au président de nous aider. C’est de l’injustice. Il faut au moins nous dédommager.»
« Les domaines appartiennent au camp »
Ansoumane Toumany Camara, Dirlo de l’information et des relations publiques de l’armée (DIRPA) est convaincu que « les domaines concernés appartiennent au camp. C’est clair et net,» insiste-t-il. «La grosse interrogation est de savoir comment des citoyens sont parvenus à acheter ces domaines, à construire et à s’y installer. A l’heure actuelle, le programme est de mettre les concessions militaires dans des cours sécurisés,» rapporte Africaguinee. Le Direlo précise qu’aucun abus n’est fait sur un citoyen et annonce l’existence de documents prouvant l’appartenance de ces domaines à l’Etat. Il jure la main sur le palpitant de tout mettre en œuvre pour que « les domaines soient sécurisés.»
Souleymane Bah


