En renversant Alpha Grimpeur le 5 septembre 2021, le général Mamadi s’était engagé à rendre le pouvoir aux civils au terme de la transition. Quatre ans après, ce 17 janvier, il a tenu parole: Doum-bouillant a été investi président de la République pour sept ans.

La cérémonie d’investiture s’est déroulée au stade Général Lansana Conté de Nongo dans une ambiance torride, internet fortement restreint, la zone média placée derrière la tribune présidentielle et envahie par des communiquants de tout poil…avant que Bouba Yacine Diallo, prési de la HAC (Haute autorité des cancans) ne débarque et les chasse.

Côté officiels, un parterre d’invités de marque (déposée), dont des chefs d’Etat ont fait le déplacement de Cona-cris: Assimi Goïta du Mali, Bassirou Diomaye Faye du Sénégal, Julius Maada Bio de Sierra Leone, Paul Kagame du Rwanda, Mohamed El Ghazzouani de Mauritanie, le Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gambien Adama Barrow… la France était représentée par la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit. (Excusez du peu !) Les vice-prési de la Chine, du Ghana, du Nigeria, ainsi que la prési du Sénat y-voit-rien ne se sont pas fait non plus conter l’événement.

À 11h, un hélico militaire survole les lieux. Trois autres à l’entame de la cérémonie de prestation, qui a été précédée par une longue prestation scène d’artistes chantant les éloges de l’homme du jour. Quoiqu’ouverte au public, qui a pris d’assaut un stade de 50 000 places, la cérémonie a été placée sous bottes surveillance de la flicaille et de la grande muette.

Il était 13h quand Mamadi Doum-bouillant a fait son entrée à bord d’une jeep militaire, tout de blanc vêtu. Hymne national, fanfare, il rejoint la loge où avaient déjà pris place ses pairs africains. Il leur serre la main et prend place, à ses côtés, sa douce-moitié Lauriane Doum-bouillante.

Sens du serment

À 14h, introduit par l’huissier audiencier Laye Samoura, le général Doum-bouillant, tête nue, arpente l’estrade où la Basse-cour suprême a aménagé son prétoire sur la pelouse du stade. Sous les cris et ovations du public, il s’installe, écoute les réquisitions du Pro-crieur général Sidy Yala Ndiaye.

Le robin remonte à la tenue du référendum de septembre dernier qui permis l’adoption d’une nouvelle constitution, insiste sur l’élection dès le premier four avec 86,72% des suffrages exprimés de Mamadi Doum-bouillant parmi huit autres candidats. Il s’abstient toutefois de préciser que le score à la soviétique a été glané en écartant les poids lourds de l’opposition. Il explique que la Basse-cour suprême est constitutionnellement chargée de recevoir le serment de l’élu et de l’installer dans ses fonctions.

Sidy Yala Ndiaye brosse la bio de celui qu’il présente comme un expert en sécurité qui a fréquenté les plus prestigieuses académies militaires du monde. Sidy Yala Ndiaye rappelle également le sens du serment et les missions constitutionnelles du président de la République, mettant l’accent sur la protection des libertés publiques, la continuité de l’Etat et la sauvegarde de l’indépendance nationale.

Après quoi, le premier presi de la Basse-cour suprême Faux-dé Bangoura a pris à son tour la parole. Invoquant l’arrêt numéro 01 du 4 janvier 2026 proclamant l’élection du Président de la République, le robin jure la main sur le palpitant que le Doum-bouillant jouit ainsi d’une légitimité incontestatble. Ce qui n’est pas une fin en soi, s’empresse-t-il toutefois de rappeler.

Protéger le faible et défendre la justice

Il met un accent sur les responsabilités qu’impliquent les charges présidentielles: défense de l’intégrité territoriale; respect de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs; protéger et défendre l’indépendance de la justice; être le président de tous et le protecteur du faible…

«Votre première allégeance va à la constitution. Vous êtes son respect », insiste Faux-dé Bangoura, tout en rappelant que la Loi fondamentale « n’est pas un simple document juridique».

A 14h36, Mamadi Doum-bouillant se lève, lève la main droite et prête le serment prévu à l’article 59 de la nouvelle constitution qu’il a fait adopter par référendum le 21 semptembre dernier: « Moi Mamadi Doumbouya, Président de la République élu, je jure devant Dieu et devant le Peuple de Guinée, sur mon honneur : de respecter et de faire respecter scrupuleusement la Constitution, les lois, les règlements et les décisions de justice ; d’exercer loyalement et dignement les fonctions qui me sont conférées dans l’intérêt supérieur de la Nation ; de ne jamais recourir aux pouvoirs qui me sont dévolus à des fins personnelles ; de préserver, en tout lieu et en toute circonstance, la paix, la cohésion sociale et l’unité nationale ; de defendre les Institutions de la République, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale. En cas de parjure, que je subisse la rigueur de la loi. »

La Basse Cour suprême a pris acte du serment prêté et a déclaré le Doum-bouillant installé dans ses ponctions de président, pour un mandat de sept ans. Photo de famine avec l’ancien-nouveau Prési. Rideau.

Diawo Labboyah