L’Association des greffiers de Guinée a adressé le 13 janvier, un préavis de crève, au mystère de la Fustige. Les greffiers et secrétaires de greffes, pour renoncer à leur protestation, exigent l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Un débrayage déjà écarté avant même qu’il ne commence ?

Après le secteur de l’éducation, celui judiciaire pourrait être plombé dans les prochaines semaines. Les greffiers, corps indispensable de la chaîne judiciaire guinée-haine, ne sont pas contents, ils veulent le faire savoir. Ils comptent tomber les robes à partir du 26 janvier prochain. Leur débrayage entraînerait forcément une paralysie quasi totale des travaux dans les cours et tribunaux du bled.

Sur la table du ministre de la Fustige, Yaya Kaïra-bat Kaba, une foultitude de réclamations : signature du nouveau projet de Statut des greffiers et des secrétaires de greffe, mise à disposition de robes, formation continue, paiement d’arriérés pour une centaine d’entre eux, dotation en moyens logistiques…. Les plaintes ne manquent pas : «Cette décision fait suite à de nombreuses démarches entreprises auprès de votre département, restées à ce jour sans suite satisfaisante, malgré l’urgence et la légitimité des revendications exprimées », lit-on dans le préavis. Les protestataires disent travailler dans des « conditions précaires», c’est pourquoi ils veulent débrayer «pour faire valoir leurs droits, défendre l’avenir de la profession et le bon fonctionnement de la justice.»

« Il n’y a plus d’incompréhensions »

Accusé par les greffiers de laisser la situation pourrir, le mystère de la Fustige se serait bougé. Le Garde des Sceaux aurait réussi à éviter au secteur judiciaire une paralysie. Le mot d’ordre de crève pourrait bientôt être levé. C’est du moins ce qu’affirme Sékou Keïta, porte-voix du mystère de la Fustige et des droits de l’Homme: «Les choses sont pratiquement réglées, il n’y a plus d’incompréhensions.» Une déclaration commune mystère de la Fustige-associations des greffiers de Guinée est attendue, selon lui, «le 20 janvier prochain à Kaloum. Nous pouvions le faire, parce que toutes les revendications ont été satisfaites. Mais nous avons préféré le faire avec les greffiers de façon solennelle.»  

Dans la missive adressée à Yaya Kaïra-bat Kaba, les greffiers ont dénoncé l’absence récurrente de réponse à leurs courriers. Mais pour Sékou Keïta, son département n’a à aucun moment ignoré leurs correspondances : «Il y a eu un manque de communication entre eux là-bas. Sinon, nous avons toujours répondu.»

La principale réclamation des greffiers est la signature de leur nouveau statut. Ils en font même un point d’honneur. Ce statut, signé, leur permettrait d’engranger plus de fric. Mais pour Sékou Keïta, un tel statut ne peut être réglé seul par son département : «Nous leur avons fait comprendre que la partie technique du statut implique forcément les ministères de la Fonction publique et du Budget. Maintenant, tout est réglé.»

S’agissant des robes, le porte-voix du mystère indique que les «commandes sont déjà lancées depuis 6 mois.» Il balaie l’info selon laquelle le lot de robes attribuées aux greffiers aurait à un moment donné disparu à la Cour d’appel de Cona-cris : «A la veille du procès du massacre du 28 septembre 2009, les robes commandées étaient insuffisantes. Le département a doté les magistrats, le reste ne suffisait pas.» De la formation continue réclamée par les greffiers ? Les parties auraient convenu de mettre en place des termes de référence pour permettre des discussions plus approfondies avec les techniciens du département.

Yacine Diallo