Le 20 janvier, Donald Trump et sa galaxie ont fêté son retour à la Maison Blanche. Il en est parti, le cœur meurtri, tout penaud, quatre ans plus tôt. On se souvient du refus ubuesque de Trump de reconnaître sa défaite et du spectacle désolant au Capitole, le symbole de la démocratie et du pouvoir politique du pays.
L’homme revient plus fort pour quatre années au pouvoir, après quatre autres de traversée du désert. Tout cela n’est pas rien, ça a probablement renforcé sa carrière d’homme d’État. Instinct d’homme politique et d’homme d’affaires, associé à sa meilleure connaissance du monde politique, économique et culturel, Trump a approfondi sa connaissance relative à la gouvernance de la planète.
Le multilatéralisme si cher à l’Occident (moins les États-Unis) et le Sud Global (plus la Fédération de Russie) ne trouve aucune grâce auprès du Président américain et ses amis milliardaires, Elon Musk et autres. L’Amérique est engoncée dans ce corset, n’a pas les coudées franches. Son gigantesque industrie, à la fois demandeuse et offreuse, ne tolère pas la concurrence. Tout pour elle, rien pour les autres.
Donald Trump deuxième jette son dévolu sur un seul mode de gouverner le monde : l’unilatéralisme ou l’isolationnisme que le monde a abandonné en 1945 aux sortir des deux guerres mondiales qui ont d’endeuillé la planète. Depuis un an, Trump fait de ce concept le substrat de ses actions politiques, économiques, sociales et culturelles. À tour de bras, il inflige aux différents pays du monde des tarifs douaniers discriminatoires sans référence à l’OMC qui a mandat de l’ONU, de réguler les relations commerciales entre États. À plusieurs reprises, Trump a envisagé d’avoir recours à cet instrument économique comme moyen coercitif pour s’octroyer des faveurs personnelles (Prix Nobel de la paix) ou économiques (prix favorables ou terres rares). Comme l’unilatéralisme est favorable à l’exercice de la force brutale pour s’approprier ce qui n’est pas à soi, les autres grands de ce monde (Russie et Chine) ont tous des velléités expansionnistes.
La volonté de Trump d’annexer de gré ou de force le Groenland le conforte dans la conviction que l’ordre mondial post Quarante-cinq est obsolète, désuet. La défunte Société des Nations et l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui l’a remplacée sont le reflet même de l’iniquité qu’on constate entre les États. Le Conseil de Sécurité, de composition inique, ne garantit pas la sécurité du monde, car il ne peut éviter les conflits ni les gérer.
Alors Donald Trump fantasme son ONU, qu’il veut d’ores et déjà associer au règlement du problème palestinien. Une structure sienne, c’est lui qui en nomme et limoge les membres. L’homme est si lunatique ! Du charivari, il y en aura. Peut-être ne vivra que le temps du second mandat trumpiste.
Abraham Kayoko Doré


