Après la neutralisation de l’opposition radicale, voilà venu le temps de l’adhésion forcée des alliés de la mouvance présidentielle à la Génération pour la modernité et le développement (GMD). Un pas de plus vers le retour au parti unique ?
« C’est la fin de la double appartenance », a tonné le PM Amadeus Oury Bah en conférant le 2 février avec les mouvements et partis politiques alliés de la GMD. Commis par Mamadi Doum-bouillant à structurer et à agrandir ce futur parti au pourboire, il fait feu de tout bois pour ne pas décevoir son boss.
Dans une précédente sortie, le 29 janvier au siège de la GMD à Kaloum, le locataire du Palais de la Colombe (siège de la Primature) a appelé à des adhésions massives et individuelles. Alors que plus d’un pense à une absorption des alliés par la GMD, lui évite d’employer le terme fusion. Amadeus Oury, pour se prémunir contre les erreurs du RPG Arc-en-ciel, ne veut pas entendre parler d’addition de structures. Il demande à tout le monde de renoncer à leurs organisations pour venir grossir les rangs du futur parti présidentiel. Mais fusion ou pas, le résultat est le même : vider les partis alliés de leurs militants, leur substance et les laisser mourir de leur belle mort.
Mort programmée
Mais qu’importe ? D’une manière ou d’une autre, on mourra toujours de quelque chose. Soit par renonciation, ou par les restrictions de la nouvelle Charte des partis politiques. L’article 6 de ce texte voté par le CNT de Dansa Courroux-mât impose aux partis de réunir un minimum de 11 membres fondateurs, dont 30% de femmes, par préfecture (33 à l’échelle nationale) et les communes de Conakry (12 au total). Ils doivent également disposer d’un siège dans toutes les villes du bled, participer assidûment aux sélections et compter au moins deux élus. Faute de quoi, le mystère de l’Administration du trottoir et de la décentralisation se chargera de rayer le parti de la carte.

A tout seigneur, toute l’horreur. Dès le 30 janvier, la question de l’adhésion massive à la GMD a été mise sur la table à l’UDRG (Union des démocrates pour la renaissance de la Guinée), le parti du chef du goubernement. Selon des langues fourchues, le débat fut houleux et s’est prolongé jusqu’à tard dans la soirée. Des larmes auraient même perlé sur des visages militants. La décision à prendre est lourde de conséquence en effet. Irréversible, surtout.
Ton martial
Au final, la majorité se serait alignée derrière le boss, Amadeus Oury Bah. Naturellement. Moyennant quatre petites conditions : participation « active » des cadres (en bois) à la rédaction des textes fondateurs de GMD ; intégration de certains d’entre eux comme membres fondateurs du futur parti politique et leur nomination à des postes de responsabilité au sein de l’appareil d’État. Enfin, l’UDRG souhaite mettre à disposition de GMD ses structures implantées dans tout le pays.
En attendant de savoir à quelles conditions les autres alliés renonceront à leurs partis ou mouvements de soutien au profit de la GMD, le PM Amadeus Oury a martelé que tout le monde devrait être sur la même ligne de départ. En d’autres termes, militer depuis la base et monter (ou stagner). Toutefois, les plus diligents seront parmi les membres fondateurs. Et « ceux qui ont une certaine expérience pourront faire prévaloir leur expérience pour se faire entendre et reconquérir progressivement une certaine forme de légitimité et de notoriété pour la suite », précise-t-il.
Quid de ceux qui rechigneraient à abandonner leurs partis au profit de la GMD ? Ils seront considérés comme des opposants. C’est la logique de qui n’est pas avec moi est contre moi. Après tout, qui GMD bien, châtie bien.
Diawo Labboyah


