Créé en 2009, le Front démocratique de Guinée (Frondeg) a tenu dimanche 15 février, son tout premier congrès extraordinaire à son siège de Lambanyi. À l’issue d’un scrutin interne, Abdoulaye Yero Baldé, candidat du parti à la présidentielle de décembre dernier, a été élu président du parti pour un mandat de cinq ans. Il place son mandat sous le signe de la démocratie interne et de la cohésion.
Sur 105 congressistes, 103 suffrages ont été valablement exprimés, avec deux abstentions. Abdoulaye Yero Baldé a obtenu 82 voix, soit 78,9 % des suffrages, devançant largement ses concurrents. Lancei Diakité s’est classé deuxième avec 8 voix. Aboubacar Baldé et Fatoumata Maldho Diallo ont recueilli chacun 5 voix, tandis qu’Ousmane Sylla a obtenu 3 voix. Cette victoire renforce le leadership du président entrant, après avoir conduit le parti à la deuxième place derrière Mamadi Doumbouya, candidat du mouvement Génération pour la modernité et le développement, GMD.

Dans son discours d’investiture, le nouveau président du Frondeg a placé son mandat sous le signe de la démocratie interne et de la cohésion. « Nous devons donner l’exemple d’une démocratie interne exemplaire. Nos instances locales et nationales doivent fonctionner avec rigueur. Chaque militant doit pouvoir s’épanouir, proposer et même critiquer, dans le respect de nos textes. » Insistant sur la nécessité d’unir toutes les composantes du parti, Abdoulaye Yero a appelé à valoriser la jeunesse, l’expérience des aînés et l’engagement des femmes, tout en faisant de l’unité la pierre angulaire du parti. « Plus que jamais, l’unité et la solidarité doivent être les maîtres-mots. (…) Notre force, c’est la diversité de nos militants. Notre puissance, c’est notre cohésion. » À l’approche des législatives, il a lancé un appel à la mobilisation générale, exhortant les fédérations et sections à aller au contact des populations, afin de défendre un projet fondé sur l’éthique, la morale et la crédibilité politique.
Le choix du dialogue
Président sortant, Thierno Moussa Barrow a choisi de ne pas briguer un nouveau mandat. Dans un message empreint de responsabilité, il a confié les rênes du parti à son successeur tout en rappelant l’importance du dialogue dans l’histoire politique guinéenne. « Nous vous confions la Guinée et le Frondeg. Nous vous demandons d’entendre toujours la même voix, même avec les adversaires », a-t-il déclaré, soulignant que le dialogue a toujours été un levier essentiel dans l’évolution politique du pays et dans la progression du parti. Barrow a également insisté pour que les statuts et le règlement intérieur demeurent « la boussole » des actions futures du Frondeg.
Appel à la conformité légale
Représentant du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), Abdoul Wassiou Bah a rappelé les exigences légales imposées aux partis politiques, notamment la mise en conformité avec les nouvelles dispositions, dans un délai de six mois.
Il a détaillé les obligations relatives à la tenue régulière des congrès, à la mise à jour des statuts, à l’alternance démocratique, à l’intégration d’au moins 30% de femmes dans les instances dirigeantes, ainsi qu’à la régularité fiscale des membres du bureau exécutif national.
Abdoul Wassiou Bah a conclu son intervention, en invitant le Frondeg à veiller scrupuleusement au respect de son règlement intérieur et des textes en vigueur. « Vous avez mis cinq ans pour le mandat. Chaque cinq ans, vous devez vous conformer à cela (…) Vous devez le respecter. »
Mariama Dalanda Bah


