Samedi 14 février, le MoDeL a tenu son assemblée générale hebdomadaire. Mamadou Kenda Sow, secrétaire général du parti a présidé la réunion. Les échanges ont porté sur la situation à Maison centrale de Coronthie après le transfèrement mouvementé d’Aboubacar Diakité alias Toumba à Coyah, l’actualité politique et l’organisation du premier congrès du parti.
La semaine dernière a été marquée par le transfèrement musclé d’Aboubacar Diakité dit Toumba de la Maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah. Depuis cet événement, les visites sont suspendues au sein de l’établissement pénitentiaire. Une situation qui empêche, pour l’heure, tout membre du MoDeL de rencontrer son président, Aliou Bah détenu à la Maison centrale depuis 14 mois, pour « offense au chef de l’État ».Cette restriction des visites est jugée regrettable par le parti, d’autant plus quelle intervient en pleine phase de consultations internes en vue de la tenue prochaine du congrès national, où l’avis du président reste déterminant.
Toutefois, les responsables du MoDeL se veulent rassurants quant à la situation carcérale de leur leader. « Nous avons du mal à entrer en contact avec le président, mais soyez rassurés, il se porte bien. Il n’y a aucun souci à ce niveau. Depuis le transfèrement de Toumba, les visites sont suspendues. Néanmoins, ses avocats disent qu’il va bien et qu’il reçoit régulièrement ses repas. Nous espérons que les visites reprendront à partir de la semaine prochaine », a souhaité Mamadou Kenda Sow.
Quid des anciens présidents
Le 10 février, le Conseil national de la Transition (CNT) a adopté la loi organique portant statut des anciens présidents de la République et chefs de l’État. Bien que le texte n’ait pas encore fait l’objet d’un débat interne approfondi au sein du MoDeL, les responsables du parti ont exprimé leurs réserves, appelant à ce que cette loi ne serve ni des intérêts personnels ni à encourager l’impunité. Pour Kenda Sow, cette loi nest pas une véritable nouveauté : « Cette loi est une suite logique de la Constitution, qui évoque déjà la non-poursuite du président après son mandat. Je n’y vois pas beaucoup d’innovations. Il s’agit, selon moi, d’une synthèse de dispositions existantes. Il n’y a rien d’exclusif ni de fondamentalement nouveau. »

Pendant ce temps, le MoDeL poursuit les préparatifs de son premier congrès, annoncé pour les 3 et 4 avril prochains. Le secrétaire général a indiqué qu’à l’issue du congrès, le bureau exécutif national, actuellement composé de 32 membres, passera à 34 ou 35 membres, élus pour un mandat de cinq ans. Des réformes internes sont aussi prévues, notamment la fin du cumul de mandats et l’instauration de sanctions disciplinaires strictes. Celles-ci ne pourront être annulées par aucune autorité, y compris le président du parti. Des ajustements restent toutefois possibles jusqu’à la validation finale des textes par le congrès.
Course contre la montre
« Les statuts sont passés de 49 à 67 pages. Il y a donc un important travail de qualification et de révision des statuts et du règlement intérieur. Les textes actuels avaient pour mission d’encadrer la gestion du parti jusquà l’organisation du premier congrès. Désormais, ils doivent être analysés, amendés et soumis aux commissions avant leur adoption définitive », a précisé le secrétaire général, promettant que les personnes à mobilité réduite seront pleinement représentées à travers le département chargé de l’inclusion et de l’accessibilité.
Le MoDeL se dit confiant quant au respect du calendrier. « Nous sommes dans les délais. Le travail restant peut être finalisé en quelques jours. Bien entendu, le terrain commande, et s’il devait y avoir des ajustements, les militants en seraient informés à temps. L’objectif est d’aller à ce congrès dans les meilleures conditions possibles, afin de décider de notre participation aux prochaines échéances électorales, notamment les législatives, les municipales et les sénatoriales », a conclu le secrétaire général.
Abdoulaye Bah


